
Alcoolisme – Drogues - Désespoir
Un Bodyguard
Pour Mon Âme :
La solution
By
Percy Gagnon
Published by:
Percy G. Publishing LLC on Smashwords
Percy G. Publishing LLC,
West Palm Beach, Florida, 33401
USA
http://www.percygpublishing.com
Ebook on Smashwords Edition, ISBN 978-1-936667-02-4
Copyright Percy Gagnon 2011
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À propos de l’auteur
L’auteur, un ex policier enquêteur au criminel qui a côtoyé des meurtriers et des voleurs à main armée en autres sur une période d’environ 15 ans. Alors, qu’il devait employer des prostituées comme informatrices il a vécu une vie d’enfer dans la consommation d’alcool, de drogues et de barbituriques.
Pour tenter de sortir de ses dépendances, croyant que la cause était son travail policier, il quitta sa carrière pour devenir homme d’affaires dans l’immobilier. L’argent étant plus disponible sa consommation à continuée de plus belle dans la boisson, la cocaïne et les pilules pour dormir.
Après avoir essayé à plusieurs reprises, seul sans l’aide de personne, de sortir de cette vie d’enfer, il a finalement trouvé la bonne recette en 1982 lors d’un stage de 28 jours, au centre de réhabilitation Hazelden, à Center City, dans le Minnesota aux États Unies.
Cette recette, qu’il veut transmettre à ceux qui souffrent de cette maladie en publiant son livre, lui a non seulement permis de sortir de ses dépendances mais aussi de vivre heureux depuis plus de vingt ans.
Percy Gagnon, explique dans son livre, le développement de la maladie de la dépendance durant l’évolution du système émotif à partir de la tendre enfance jusqu’à l’âge de maturité.
Dans son cas ce fut, en premier lieu, la découverte de l’alcool et de la nicotine et par la suite de la cocaïne et des pilules pour dormir. Toutes ces dépendances se sont installées très rapidement et ont pris totalement le contrôle de sa vie dans une progression très rapide et constante pendant plus de 30 ans, jusqu’au moment ou il a trouvé le moyen de s’en sortir en retrouvant la sobriété et en reprenant le contrôle de sa vie, pour finalement vivre en paix et heureux depuis plus de vingt ans.
Pour plus d’information sur la biographie de l’auteur nous vous invitons à visiter son site web : http://www.percygagnon.com
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Voici quelques messages de personnes très sérieuses qui ont pris connaissance du contenu de ce livre :
« Nous retrouvons dans ce livre la recette pouvant permettre à quelqu’un qui en aurait besoin, de retrouver la sobriété et de vivre relativement heureux pour le reste de sa vie.
Ce mode de vie a changé la vie de l’auteur tout en lui permettant de vivre dans une atmosphère familiale et un environnement honnête.
Dr. Jacques H. Roy, CD, BA, MD, LMCC
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« Je suis un alcoolique abstinent depuis 26 ans. Ce livre fut une révélation pour moi, un recul bénéfique et une inspiration pour le futur.
Merci de m’aider ! »
André Beaudoin, président Slush Puppie Canada
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« Je connais l’auteur depuis plus de 35 ans, sa franchise est impressionnante, il est parvenu à se retrouver lui-même en combattant l’alcool et la drogue. Il a compris qu’il avait besoin d’aide pour sortir du désespoir de la dépendance, que ce n’était pas possible de le faire tout seul.
C’est un message de générosité, de compréhension de soi-même et de principes. »
Dr. Claude Lauriault, BA, MD, FAAFP, FCFP
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« J’ai passé une partie de ma vie à parler d’alcoolisme et tenter d’aider les alcooliques.
Ce livre est un exemple de ténacité et de moyens à prendre pour s’en sortir.
L’important c’est de continuer à en parler. »
Honorable Jean Lapointe, Sénateur
L’Honorable Jean Lapointe, est le fondateur de « La Maison Jean Lapointe » de Montréal. Ce centre de réhabilitation à aidé des milliers de personnes aux prises avec l’alcoolisme et l’usage de la drogue.
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Avertissements et avis légal
J'aimerais être capable de penser que tous ceux et celles qui achèteront et liront ce livre sérieusement, qui sont aux prises avec un problème de dépendance d'alcool, de drogue ou autres, pourront changer leur mode de vie et parviendront à vivre heureux et heureuses pour le reste de leur vie.
Cependant il m'est impossible de vous garantir ou de vous promettre un changement radical dans votre vie. À ceux qui pensent être aux prises avec une dépendance quelconque, je leur conseille de voir un médecin avant de changer radicalement leur mode de vie.
Alors voici l'avis légal que je me dois de vous faire part concernant la lecture de ce livre:
Les termes et conditions suivantes s’appliquent:
Même si tous les efforts ont été faits pour vérifier toutes les informations contenues dans ce livre, ni l'auteur ni toutes autres personnes mentionnées n’assument la responsabilité pour les erreurs, les omissions, les contradictions ou les interprétations sur tout sujet contenu dans ce livre ou dans les sites Web qui en feront la promotion.
S'il se trouve des perceptions ou des ressemblances de personnes ou d'organisations dans ce livre, l'auteur déclare que ce ne fut pas intentionnel.
À la limite de l'application de la Loi, en aucune circonstance, Percy Gagnon, Percy G. Publishing LLC et/ou les Compagnies de Publication du livre, « Un Bodyguard pour mon Âme : la solution », ses agents ou ses fournisseurs ne pourront être tenus responsables pour quelque dommage à des personnes ou des caractères de personnage, incluant sans aucune limite compensatoire, secondaire, directe ou indirecte, spéciale ou punitive ou en conséquence de dommages, perte d'usage, pertes de données, pertes de revenus ou de profits, pertes ou dommages à la propriété, réclamations de tierce partie, ou autres dommages de toutes sortes, même si « Un Bodyguard pour mon Âme : la solution », Percy Gagnon. et Percy G. Publishing LLC furent avisés de la possibilité concernant ces dommages ou pertes pouvant survenir en relation avec l'usage du livre.
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Dédicace
J’aimerais dédicacer ce bouquin à la mémoire de mon père et de ma mère, de même qu’à mon parrain chez les alcooliques anonymes, le « petit René ».
Que Dieu bénisse leur âme!
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REMERCIEMENTS
Je suis énormément reconnaissant pour l'aide et l'encouragement que m'ont apportés les personnes suivantes:
Mon amie de cœur et ma conjointe depuis (1985), Lynne Hurtubise, ses enfants Julie et Denis qui sont devenus, après toutes ces années, mes enfants adoptifs. Ils ont grandement contribué à ma sobriété durant toutes ces années
Violet Gagnon-Lefebvre, ma petite sœur, qui m'a encouragé fortement.
Violet est phytothérapeute depuis plus de 20 ans et a développé beaucoup d’expertise concernant les produits de santé naturels.
Dr. Claude Lauriault, MD, FAAFP, FCFP(C)
médecin de pratique générale pendant 25 ans et qui fut, par la suite, vice-président de Metropolitain Life Insurance of Canada en tant qu'expert, celui qui m’a encouragé tout au long de mon cheminement.
Dr. Jacques H. Roy, CD, BA, MD, LMCC
médecin de pratique familiale depuis plus de 40 ans, tout particulièrement en aidant les gens aux prises avec des problèmes de dépendance de l’alcoolisme, de la drogue ou autres. Qui m’a donné son approbation et m’a influencé par son travail et son aide qui a offert à toute une population depuis des dizaines d’années.
Jean-Victor LeBlanc, BA, BP, BEF
que dire pour remercier mon ami Janot : pour sa patience, sa diplomatie et les mille détours qu’il a dû employer comme encyclopédiste autodidacte pour parvenir à réviser linguistiquement mon manuscrit. Merci, mon ami!
Certains d'entre eux m'ont vu progresser et souffrir dans l'alcoolisme pendant 30 ans et certains autres furent témoins de mon évolution dans la sobriété depuis 1986.
Je tiens donc à remercier tous ces gens en particulier et tous les autres qui ont pu m'aider dans la réalisation de ce livre.
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Souhait
Ce livre est dédié au succès de tous
ceux et celles qui désirent
sérieusement travailler
honnêtement, avec toute leur bonne
volonté, afin d'organiser leur vie
dans la sobriété et vivre heureux
dans la paix de l'esprit pour le reste
de leur vie.
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Table des matières
Partie I - Découverte de l’effet de l’alcool
Chapitre I - Mes premiers souvenirs d'enfance et de l'alcool
Chapitre II - Chercher à découvrir les choses de la vie
Chapitre III – Mon education de 5 à 13 ans et pesnsionnaire au collège
Chapitre IV - Mon adolescence de 14 à 20 ans
Chapitre V - Recruté comme policier
Partie II - Ma vie de policier et d’homme d’affaires
Chapitre VI - 15 ans de ma vie en temps que policier enquêteur
Ma démission après 15 ans de vie policière
La mort de mon père et mes émotions de consommateur actif
La crise d’octobre et la Loi des mesures de guerre
Chapitre VII - Devenu homme d’affaires dans l’alcoolisme
Partie III - Prendre les moyens pour arrêter de consommer
Chapitre VIII - L’aventure de mon voyage à Hazelden
Chapitre IX - « Le Plan » qui me fut enseigné pour recouvrer la sobriété
Chapitre X - Analyse de notre spiritualité
Partie IV - Apprendre à vivre dans la sobriété
Chapitre XI - Sortie de Hazelden et tenter de vivre dans la sobriété
Chapitre XII - Se trouver un parrain et demander de l’aide
Chapitre XIII - Les épreuves dans la sobriété
Ma réflexion sur la valeur de ma vie
Chapitre XIV - Un Bodyguard pour mon âme
Chapitre XV - Le mouvement des alcooliques anonymes
Références : Test pour connaître le degré de dépendance à l’alcool
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Préface
Durant mes 40 ans de pratique en médecine familiale et, plus particulièrement depuis que je me suis spécialisé en toxicomanie à l’Université de Toronto, j’ai eu l’occasion de rencontrer des centaines de personnes, personnellement ou en famille, pour discuter avec la majorité d’entre eux de leurs problèmes de dépendance avec l’alcool, la drogue sous toutes ses formes, ou d’autres formes de dépendances.
J’ai eu l’occasion d’écouter des milliers de messages relativement aux douleurs que peuvent endurer ces gens qui sont aux prises avec des problèmes de dépendance et, dans certain cas, j’ai presque vécu avec eux, du moins mentalement, tous les déboires que peut produire la maladie de la dépendance.
En passant à travers du livre « Un Bodyguard pour mon Âme, La solution », j’ai pu encore une fois constater les mêmes douleurs et le même genre de déboires que l’auteur a dû subir alors qu’il était consommateur actif, étant pris dans l’enclos de la dépendance et devant faire face aux décisions que prenait cette double personnalité que peut créer la dépendance, à l’encontre de sa vraie volonté.
L’auteur a voulu démontrer, dans sa thèse sur la dépendance à l’alcool et la drogue en particulier, que c’est avec son système émotif faible et vulnérable qu’il a hérité génétiquement à sa naissance, qu’il a évolué dans la dépendance, à partir de sa tendre enfance, jusqu’au moment où il a pu finalement arrêter de consommer, 30 ans plus tard. Il a appris par la suite à vivre avec ce même système émotif, sans aucune consommation dans la sobriété et ce, depuis au-delà de 20 ans.
Du fait que l’auteur Percy Gagnon soit né dans le milieu de nulle part, dans la forêt de l’Outaouais à quelque deux cents milles au nord de Montréal, dans un environnement de bûcherons, dans une famille pauvre et pratiquement illettrée, ou que ce soit Christopher Kennedy Lawford, auteur du livre « Symptoms of Withdrawal », né à Hollywood en Californie, dans une famille riche et célèbre, nous pouvons constater les mêmes problèmes émotifs, les mêmes souffrances ainsi que les mêmes déboires que peut apporter la maladie de la dépendance à l’alcool, à la drogue ou autres.
Ce qui est intéressant dans son histoire, ce sont les moyens qu’il a pu trouver pour enfin prendre « la décision » de faire quelque chose avec son problème d’alcool et de drogue, qu’il a pu commencer à demander de l’aide pour finalement faire le geste lui permettant de sortir de cet enfer de la dépendance. Ce n’est pas facile de trouver la volonté nécessaire pour faire ce geste parce que la personne aux prises avec cette maladie doit se battre avec elle-même, soit avec cette deuxième personnalité que la dépendance a créée à l’intérieure d’elle-même.
Percy fut chanceux malgré tout de pouvoir s’offrir d’aller dans un des meilleurs centres de réhabilitation au monde, le centre Hazelden, de Center City, dans le Minnesota, aux États-Unis. Il a expliqué clairement tout ce qu’il y a appris durant son stage et comment il a pu se retrouver sur le chemin de la sobriété en apprenant comment reprendre le contrôle de sa vraie personnalité, en ayant le courage d’apprendre à vivre dans la sobriété, justement pour ne pas laisser la chance à cette deuxième personnalité d’en reprendre le contrôle.
Percy nous informe qu’il existe dans son livre la recette pouvant permettre à quelqu’un qui en aurait besoin de retrouver la sobriété et de vivre relativement heureux pour le reste de sa vie. Il lance même le message d’espoir suivant à ceux qui pourraient en avoir besoin, en leur disant: « En recevant ce livre, c’est comme si vous veniez de recevoir la recette par le courrier », et laisse entendre que vous n’avez pas à chercher plus longtemps ailleurs puisque cette fameuse recette est écrite dans son livre et qu’il s’agit tout simplement de faire le geste de la suivre, et la Providence fera le reste.
Je crois que la déclaration la plus simpliste à faire concernant la dépendance, ce serait de dire à quelqu’un qui en aurait besoin: « Vous n’avez qu’à naïvement arrêter de consommer et tous vos problèmes seront réglés », mais ce n’est pas aussi facile à faire qu’à dire.
Il faut commencer par essayer de comprendre ce qui se passe en ayant recours à de l’aide et, par la suite, trouver le moyen de prendre finalement la décision d’arrêter de consommer une fois pour toute.
Et pour ne pas retomber dans la dépendance, comme il est bien expliqué dans ce livre, il faut apprendre à vivre raisonnablement heureux dans la sobriété, non seulement dans l’abstinence totale de consommation, mais en étant sobre dans tout ce que nous entreprendrons.
Nous devrons à tout prix trouver le moyen d’arrêter de nous mentir à nous-mêmes.
Je crois vraiment que ceux qui pourraient en avoir besoin, s’ils pouvaient avoir le moyen de trouver la volonté nécessaire, pourront s’en sortir en suivant la « recette » que l’auteur a décrite dans son livre et qu’il a lui-même suivie d’ailleurs pour s’en sortir après 30 ans de consommation dans une vie d’enfer et qu’il a persisté pour demeurer sobre et vivre avec la paix d’esprit, même dans les grandes épreuves, et ce, depuis plus de 20 ans, soit depuis 1986.
Dr. Jacques H. Roy, CD, BA, MD, LMCC
Note concernant l’auteur :
Le Dr JACQUES H. ROY est un officier retraité des Forces armées canadiennes qui a œuvré en médecine familiale depuis plus de 40 ans.
Il pratique au Québec, dans la région de l'Outaouais, où il intervient auprès de gens souffrant de maladies mentales, de troubles compulsifs et de dépendance à l'alcool, aux drogues ou aux jeux de hasard.
Le Dr Roy est membre du conseil d'administration de l'association médicale du Québec et de l'Association médicale canadienne.
En 2005, on lui a rendu hommage dans le cadre de la télésérie de la langue française à Radio Canada:
« Gens de cœur et d’action », il fut surnommé « Le Bon Docteur ».
Voir : http://www.youtube.com/watch?v=E7uu4D7L2lg
Préambule
En tout premier lieu, merci d’avoir choisi de vous procurer ce livre.
Merci pour votre intérêt de connaître et vouloir comprendre davantage la maladie de la dépendance à l’alcool, à la drogue et aux autres problèmes émotifs similaires.
Je dois vous confier que j'ai hésité beaucoup avant de me décider à écrire ce livre parce que cela m’a fait revivre de monstrueux évènements qui, pour moi, sont de mauvais souvenirs. Par la suite, j’ai dû travailler très fort pour rassembler tous les éléments et faire en sorte que la lecture en soit plus simple et compréhensive.
C'est pourquoi je tiens à ce que vous lisiez d’abord cette introduction afin de mieux comprendre le contenu et la structure du livre en fonction de l’objectif que j’ai voulu atteindre.
Le but de ce livre est de tenter de vous révéler mon expérience négative avec l'alcool, la drogue, les pilules pour dormir et le « Gambling » du businessman. Vous informer de la longue démarche entreprise qui m’a permis de m’en sortir après avoir consommé progressivement pendant 30 ans et, surtout, comment j’ai réussi à vivre heureux depuis 1986.
J'ai écrit ce livre comme si je vous racontais personnellement mon histoire et mes expériences depuis mon enfance, mon adolescence, ma vie en tant que policier ou en tant que businessman, à travers l'alcoolisme, la consommation de drogues et les pilules pour dormir.
J’ai aussi voulu vous raconter la façon de m'en sortir et la raison pour laquelle je suis persuadé aujourd'hui que je peux aider quelqu'un qui désire honnêtement s'en sortir et qui veut vivre heureux sans consommer, comme j’ai pu le faire depuis 1986.
J’ai voulu vous démontrer pourquoi les circonstances de ma vie, en relation avec mon système émotif, ont pu contribuer à ma dépendance à l’alcool.
Avec le temps, j’ai découvert que, dès mon jeune âge, mon système émotif faible et vulnérable, en conflit avec mon orgueil et mes complexes reliés à mon ignorance, ont été les éléments déclencheurs de ma consommation d’alcool et de drogues.
Mon caractère aventurier avec le goût de tout découvrir pour compenser mon ignorance a créé, au cours de toute ma vie, des circonstances qui ont provoqué chez moi l’usage de l’alcool et de la drogue et qui a établi en moi, très rapidement, une dépendance de plus en plus progressive et incontrôlable.
J’ai voulu partager les émotions que j’ai ressenties lors de mon enfance, de mon adolescence et, plus tard, en tant que policier enquêteur au criminel pendant une période de 15 années, employé sur des escouades telles les homicides, les vols à main armée et au crime organisé. Par la suite, en tant qu'homme d'affaires, pendant une période de 30 ans.
Je voudrais également partager avec vous comment, avec les camarades policiers de mon escouade, on consommait de la boisson le soir, et même durant le jour, sous prétexte qu’on voulait s’amuser. Mais au fond, c’était surtout pour calmer le stress.
Comment, en temps que policier, j’avais des trucs pour me faire prescrire des pilules pour dormir, « Seconal » (barbiturique).
J’ai voulu vous exposer les raisons pour lesquelles j’ai décidé de sortir de la police pour changer de vie et ce qui m’a incité à demander de l'aide pour essayer de boire raisonnablement, comme tout le monde, puisqu’à ce moment-là, je ne connaissais pas le problème de l’alcoolisme ni de la consommation de drogues comme étant une maladie. Je croyais plutôt que j’étais aux prises avec un vice quelconque que j’avais attrapé au cours des circonstances de ma vie de policier.
Les motifs qui m’ont incité à continuer de consommer les mêmes boissons et les mêmes drogues même si j’étais devenu un homme d’affaires.
Comment j’ai constaté désespérément que le changement de carrière n’avait rien à voir avec mes problèmes de consommation.
J’ai voulu partager avec vous ma victoire à vaincre la dépendance, après une trentaine d'années de consommation, et ma réussite à vivre heureux sans consommer aucune boisson ni drogue depuis au-delà de 20 ans.
Comment, plus tard, à la retraite, j’ai étudié mes réactions émotives tout au cours de ma vie de policier et d’homme d’affaires en les comparant avec l'évolution de ma consommation d'alcool et de drogues qui a duré 30 ans.
C’est alors que je me suis souvenu d’un incident que mon père m’avait fait expérimenter lorsque j’avais environ 9 ans, concernant la résistance à la peur, et que cet incident m’a suivi toute ma vie.
Cette expérience m’a permis de résister à celle-ci à maintes occasions au cours de ma vie de policier.
Je voudrais vous exposer ma conclusion personnelle concernant ces gènes que j’ai hérité de mes parents et de l’ensemble de mes grands-parents, conclusion qui me fait croire aujourd’hui que l’alcoolisme et la consommation de drogues ne sont pas nécessairement héréditaires, mais que mon système émotif l’est réellement.
Au cours de ma vie de policier, j’ai découvert que la plupart des vrais tueurs à gages que j’ai connus étaient des psychopathes et que je n’en ai pas connu parmi eux qui étaient alcooliques ou aux prises avec la dépendance de la drogue ou autres.
Je me souviens de ma conversation avec Jacques Mesrine, entre autres, ce criminel notoire français, alors qu’il était détenu pour une nuit aux cellules du quartier général à Québec, en transition avant d’aller comparaître en cour en Gaspésie pour le meurtre d’Éveline Le Bouthillier, propriétaire d’un motel à Gaspé.
À cette occasion, il ne ressortait aucun signe émotionnel de sa conversation. Il échangeait avec moi comme s’il était assis dans une salle d’attente pour voir le médecin. Il ne dégageait aucune nervosité et ne démontrait aucune inquiétude.
Je me souviens d’avoir commenté ma rencontre avec Mesrine à un de mes confrères de travail et de lui avoir dit que je croyais qu’il était un parfait psychopathe.
Après avoir lu sur ses prouesses criminelles à travers le monde, il ne fut jamais question que Mesrine avait des problèmes de dépendance quelconque.
Voir bibliographie; Jacques Mesrine – Wikipédia :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Mesrine
Cette réflexion a dès lors confirmé ma thèse à savoir que, si une personne n’a pas d’émotions, il n’aura probablement pas de problèmes de dépendance et n’agira probablement pas sous l’effet de ses impulsions.
J’ai décidé d’écrire un livre non pas pour raconter ma vie, mais pour comparer des étapes et des épisodes de celle-ci avec mes réactions émotives et l'évolution de mon alcoolisme et de ma consommation de drogues au cours des ans.
J’ai décidé de vous confier mon plan d'action et son élaboration que j’appellerai tout au long de ce récit "le Plan", c'est-à-dire les moyens qui me furent enseignés pendant quatre semaines dans un centre de traitement pour alcooliques et drogués, qui m’ont aidé à contrôler mes émotions et mes impulsions, qui m’a permis de stopper ma consommation d'alcool et des drogues et de commencer à vivre de plus en plus heureux, avec la paix d’esprit.
Je suis donc persuadé hors de tout doute aujourd'hui que, si quelqu'un met honnêtement toute sa bonne volonté à suivre "le Plan" qui me fut enseigné, à moi personnellement, et à des milliers d’autres, il pourra non seulement arrêter sa consommation, mais pourra aussi vivre relativement heureux pour le reste de sa vie.
J’en suis venu à la conclusion que tous ceux et celles qui sont aux prises avec la consommation d’alcool ou de drogues, de même que ceux qui sont aux prises avec une dépendance quelconque, ils ont tous en commun, à la base, un même dénominateur commun problématique:
un système émotif plus ou moins fragile et vulnérable.
Vous pourrez aussi lire comment j’étais constitué pour devenir un dépendant de l’alcool et des drogues à cause de mon système émotif qui influençait le développement de mes complexes.
Afin de mieux comprendre comment j'ai finalement pu arrêter de consommer de la boisson et de la drogue, je dois vous expliquer la principale raison de la si grande difficulté d’arrêter de consommer. C’est qu’il y a des choses que l’on apprend seulement après avoir réussi à arrêter de consommer pendant un certain laps de temps et que, dans le passé, nous n’avons jamais arrêté de consommer assez longtemps pour permettre à notre vraie personnalité de concevoir et prendre conscience de certaines réalités.
Si nous avions connu toutes ces choses et ces nouvelles sensations avant d'essayer d'arrêter, il en aurait été beaucoup plus facile de le faire.
Pour prendre les bonnes décisions, il faut être dans un état minimum de sobriété. Commencer à être sobre veut dire :
n’avoir absorbé aucune consommation d’alcool, ni de drogues, ou de pilules pendant une période d’au moins 21 jours ou plus avant de pouvoir commencer à réaliser « psychologiquement » certains faits, qui sont vraiment importants, qui nous permettront de mieux comprendre notre comportement et d'atteindre un début de sobriété.
C’est pourquoi il serait beaucoup plus facile d’arrêter de consommer si on connaissait d’avance ce qui va se passer dans notre tête durant la période d’abstinence, surtout durant les trois premiers mois.
C’est ce que je vais tenter de vous expliquer dans ce livre : ce qui va se passer dans votre tête durant la réalisation de « votre plan » que vous allez mettre en place pour arrêter de consommer et de commencer ainsi à vivre plus heureux.
Personnellement, au début, je ne savais pas comment m’y prendre pour arrêter de consommer, je ne pouvais pas comprendre la raison qui me faisait agir aussi bizarrement lorsque j’étais en boisson ou drogué, même si cela était contre ma volonté et mes désirs.
Cependant il y avait une certitude bien ancrée : je n'étais pas heureux, mais pas du tout! J’irais même jusqu’à dire que j'étais très malheureux, que cela faisait partie des mes propres justifications dont je me servais pour consommer davantage afin de tenter d'oublier et de légitimer ma consommation.
J'étais de plus en plus malade de boisson et cela me prenait de plus en plus de temps à me "ramener", comme on dit couramment dans le langage des alcooliques. Je frappais le fond du baril de plus en plus souvent, de plus en plus fort et je remontais avec de plus en plus de tourments et de souffrances.
Imaginez un peu :
le matin, il vous faut une demi-douzaine de bières pour vous « ramener » afin de diminuer votre tremblement pour arriver à tenir votre tasse de café et pouvoir déjeuner.
Tentez d’imaginer comme il m’était difficile, en me réveillant, de chercher à me souvenir de l'endroit où j’avais stationné ma voiture la veille, me demandant si je n’avais pas été impliqué dans un accident. J’avais tout oublié, c’était le « black out » total. C’était alors l’angoisse, les sueurs froides, l’anxiété.
Je ne voulais plus répondre au téléphone, car je ne voulais pas me faire questionner de peur de ne pas savoir que répondre et, de là, paraître ridicule.
Alors j’essayais de prendre sur moi et de dissimuler mon état. Je voulais montrer que j’étais heureux et que j’étais au-dessus de mes affaires. Derrière mon masque, je désirais que personne ne sache comment j’étais triste, comment j’avais si mal à l’intérieur de moi-même.
J’ai voulu aussi partager d’autres émotions que je ressentais afin de ne pas oublier ces moments malheureux pour les comparer ensuite avec les autres circonstances heureuses que je vis aujourd’hui dans la sobriété.
Je n’ai pas oublié comment je me sentais lorsque je cherchais, en me rendant au bureau, quel mensonge je pourrais raconter pour justifier mon retard ou encore pour ne pas avoir accompli un certain travail que j’aurais dû faire la journée précédente. Je mâchais de la gomme pour éviter de sentir « le fond de tonne ».
La journée était à peine commencée que je souhaitais déjà qu'elle soit terminée pour que je puisse aller prendre un verre pour me ramener le calme.
Je me demandais comment et pourquoi j’avais encore brisé mes promesses de sobriété durant la semaine, que je ne consommerais ni drogue ni pilules. Mais j’avais encore consommé la veille.
J’imaginais jusqu’à quel point ma mère, mon père ainsi que mon épouse seraient contents et fiers de moi !... et surtout moins inquiets si seulement je pouvais arrêter de consommer.
Je me sentais tellement mal à l'intérieur que, parfois, je n’avais même plus le goût de vivre: je pensais au suicide.
Je m’imaginais qu’avec toutes les gaffes que j’avais faites, qu’il ne serait pratiquement plus possible de recommencer ma vie: je perdais tout espoir.
Mais à l'idée de penser pouvoir vivre sans dépendance, je me sentais déjà mieux à l'intérieur de moi-même. Et en même temps, j’avais peur d’échouer et j’envisageais le reste de ma vie dans cet état.
C’est alors que je me disais intérieurement:
« Si seulement quelqu'un pouvait me comprendre, il pourrait peut-être trouver un moyen pour m’aider. »
Parfois je réfléchissais ainsi: « Pourtant j’ai bien été éduqué, dans une bonne famille, dans l’amour et avec tout ce qu’un enfant avait besoin pour être heureux! Alors pourquoi suis-je incapable de contrôler ma consommation? »
Des fois j’aurais presque préféré pouvoir dire que j’avais été battu, abusé ou négligé lorsque j’étais jeune. J’aurais au moins eu quelque chose pour m’apitoyer sur mon sort et cela m’aurait permis de justifier mon comportement. Mais je n’avais aucune raison d’agir ainsi.
Je comprenais une réalité avec certitude: je sentais que ma consommation progressait constamment et je me demandais jusqu’où cela me mènerait lorsque je serais vieux.
Je crois aujourd'hui que c’est mon orgueil, une des principales causes de ma dépendance, qui fut cependant l’énergie possible, qui m'a aidé à me décider d'arrêter de boire. Je commençais à me déprécier et je n’en pouvais plus. D’autre part, j’avais peur de tout perdre mes biens, sans parler de ma santé.
Je vous raconterai comment j'ai finalement pu me décider à agir, poser des gestes concrets pour m’en sortir avant qu’il ne soit trop tard. Et c’est à ce moment précis, c’est-à-dire :
« après avoir décidé d’agir »
que j'ai vraiment commencé à chercher à demander de l'aide.
Voici quelques grandes étapes de ce cheminement après avoir passé quatre semaines dans un centre de désintoxication, à Hazelden situé à Center City, dans le Minnesota, aux États-Unis, et en avoir passé quelques autres au centre « Le Grand Élan » au Québec :
-après avoir assisté à des dizaines de meetings AA et consulté des personnes ressources;
-après avoir arrêté et recommencé à consommer à maintes reprises;
-après avoir divorcé après 20 ans de mariage et refait ma vie avec une autre conjointe et deux de ses enfants que j'ai contribué à éduquer depuis 1985 :
j’ai définitivement arrêté le 19 septembre 1986.
Après beaucoup de recherches et de comparaisons entre ce que j'ai appris dans ces centres, les épreuves que j'ai vécues au cours de ma vie active de consommateur et durant mes 20 ans et plus de sobriété, je peux vous dire que ces expériences m’ont appris et fait constater bien des réalités que je peux me permettre de partager aujourd'hui avec vous dans ce livre, en espérant ainsi aider d'autres consommateurs d'alcool, de drogues, de pilules, ou des personnes aux prises avec des problèmes de jeu, et bien d’autres encore qui ont tous, comme moi, un problème commun: un système émotif faible et vulnérable.
J’ose espérer pouvoir les aider à leur permettre enfin, s’ils en prennent la décision, d’arrêter de consommer et de commencer à vivre heureux et en meilleure santé en compagnie de leur famille et de leur amis.
Je suis convaincu que chaque personne naît avec ses propres gènes, dans une constitution émotive que j'appellerai « notre système émotif unique». Je ne suis ni psychanalyste, ni psychiatre, mais c’est ainsi que, dans mes propres mots, j’en viens à cette déduction.
Honnêtement je crois que, dans certain cas, ce système émotif, qui peut être faible et/ou déséquilibré, peut créer une double personnalité qui devient dominante lorsqu’on absorbe de l'alcool, des drogues, ou lorsque nos impulsions sont excitées par certaines circonstances ou certains évènements.
Ces émotions impulsives peuvent même provoquer un état de panique chez certaines personnes, dans certaines circonstances.
Afin de mieux m'expliquer, j'ai voulu écrire des épisodes de ma vie personnelle et, en parallèle, démontrer l'évolution de mon système émotif et ma consommation progressive d'alcool et de drogue.
J’ai voulu également démontrer comment mon système émotif m’a influencé dans la manière que j’ai vécu de ma tendre enfance jusqu’au moment où j’ai arrêté de consommer. Il m’a aussi influencé dans ma manière de vivre après que j’eus arrêté de consommer en 1986.
Ce « système émotif » commun à toutes les dépendances, je le qualifierais de faible et de vulnérable sous l’absorption de substances chimiques, alcoolisées et devant d’autres occasions impulsives, excitantes.
Je crois en toute honnêteté que ce dénominateur commun de notre système émotif personnel régit la vie de millions de personnes qui sont aux prises avec des problèmes de consommation d’alcool, de drogues, de pilules, ou avec d’autres problèmes impulsifs.
En exemple, après avoir utilisé pour la première fois ces substances, on a pu constater que celles-ci pouvaient nous enlever la timidité qui nous empêchait d’aller demander à une petite amie pour danser, ou pouvait nous enlever la peur de mal paraître devant nos amis relativement à nos complexes.
Nous sommes revenus à cette consommation à maintes reprises parce que nous avons aimé l’effet d’un pouvoir de contrôle extraordinaire et un moyen formidable de nous enlever la crainte.
Selon moi, avec le temps, ces substances ont tous le même pouvoir de créer en nous une dépendance qui se développe avec le temps et, trop souvent, très rapidement.
Plus nous en consommons, plus nous perdons le contrôle de notre vraie personnalité.
Durant toute ma vie de policier et d’homme d’affaires, je fus témoin de toutes sortes d’incidents qui m’ont permis de réfléchir sur le sujet. Ils m’ont prouvé hors de tout doute que, si le « système émotif » de ces personnes, impliquées dans toutes sortes de drames familiaux ou autres, avait été équilibré ou traité différemment dans la sobriété, plutôt que dans l’alcool et la drogue, la majorité de ces drames ne serait pas survenue.
Qu’il s’agisse de meurtres, de suicides, d’actes de violence familiale, d’accidents mortels, de vol pour se procurer de la drogue ou pour payer un prêteur usuraire, de la fraude commerciale, des conflits d’intérêts, de la corruption et autres, tous ces drames, dont je fus témoin, m’ont démontré que le système émotif, la dépendance de la consommation d’alcool et de la drogue avaient quelque chose à faire avec leurs actions criminelles.
Toutes les personnes décédées en relation directe avec ces crimes, que j’ai découverts et traités, m’ont aussi fait réaliser la valeur de la vie et de mes émotions devant la mort.
J’ai pu aussi constater jusqu’à quel point les émotions, l’imagination et les impulsions pouvaient pousser certaines personnes jusqu’à tuer afin d’atteindre leur but pour satisfaire leur passion ou pour se débarrasser de circonstances gênantes.
Lorsque j’ai assisté à des meetings AA, je fus sollicité à maintes reprises pour livrer des messages dans ces réunions d’alcooliques anonymes, mais j’ai toujours refusé prétextant que je ne me sentais pas prêt. Je me suis souvent questionné à propos de mon refus. J’avais pourtant bien des choses à raconter qui auraient sûrement pu aider quelqu’un.
Ma plus grande crainte, en m’adressant à eux, était de me sentir incapable de contrôler mes émotions parce qu’elles deviendraient tellement fortes qu’elles m’étoufferaient complètement, jusqu’au point où je ne pourrais plus parler parce que je serais comme étranglé par mes sanglots.
C’était là mon principal prétexte, mon excuse incontournable… aussi tout simplement trop orgueilleux! Peut-être aussi que mon histoire paraîtrait invraisemblable étant donné tous ces drames dont j’avais été témoin dans mon travail.
Je me disais que les gens allaient peut-être penser que j’exagérais. Je trouvais que je n’avais pas fait une vie normale, comme tout le monde. Peut-être que certaines de mes histoires apparaîtraient trop macabres pour être racontées.
Le fait de n’avoir jamais accepté de donner un message aux meetings des alcooliques anonymes, ça m’a toujours tracassé et, aujourd’hui, je m’en sens encore coupable comme si j’avais refusé d’aider quelqu’un à s’en sortir. Je me sens parfois égoïste à l’idée d’avoir refusé.
C’est pourquoi j’avais en tête depuis longtemps de rédiger et publier mon témoignage pour des millions de personnes, si cela pouvait être possible ! C’est ce sentiment qui me stimule !
Seulement considérer que je pourrais aider quelqu’un à se sortir de cet enfer que peut souffrir le malade émotif, aux prises avec l’alcool, la drogue et d’autres problèmes relatifs, déjà me réconforte, m’encourage au plus haut point.
Je n’ai surtout pas voulu principalement raconter ma vie ni mes histoires de policier dans ce livre. Ce que je voudrais que le lecteur retienne, c’est le mécanisme de mon système émotif devant des situations excitantes au cours de toute ma vie, mais plus particulièrement ma vie active en temps que policier et homme d’affaires, et quel en fut le résultat.
Je voudrais ici m’adresser en particulier à ceux qui peuvent présenter actuellement un problème de consommation. J’ai voulu vous démontrer que, si après avoir traversé cette vie mouvementée, si j'ai pu enrayer ma consommation, alors vous pouvez sûrement réussir vous aussi.
Durant la lecture de ce bouquin, essayez de suivre mentalement « le plan » d’action qui me fut enseigné à Hazelden. Si vous avez un problème semblable au mien, je vous propose aujourd’hui cette avenue pour vous venir en aide.
Si vous avez personnellement « le problème », vous vous reconnaîtrez sûrement: rassurez-vous, il y a de l’espoir et il n’en dépend que de vous pour en sortir vainqueur.
Dites-vous que vous avez trouvé la solution: le premier geste à poser pour commencer est justement la lecture de ce bouquin.
Vous n'avez pas à attendre 6 mois pour la livraison de la solution. Vous pouvez commencer dès aujourd'hui comme si vous veniez de recevoir un colis par la poste et que vous en trouviez la recette en ouvrant la boîte.
Il ne faut cependant pas oublier que seul un alcoolique peut vraiment en comprendre un autre, qu’un grand émotif sait aussi en rejoindre un autre.
Seule une personne atteinte de cette faiblesse émotive peut comprendre comment on peut souffrir intérieurement et jusqu’à quel point cela fait mal. Le pire est que l’on ne peut pas s’arrêter de consommer.
Pour ceux qui sont persuadés ne pas être aux prises avec cette problématique, il y aura peut-être certains passages dans ce livre qui sembleront superflus ou inappropriés.
Par contre, c’est bon signe parce que cela signifie que nous sommes peut-être parfaitement équilibrés au point de vu émotif et que nous devons vivre relativement heureux présentement.
En lisant les exposés de ce livre, on sera peut-être en position d’aider quelqu’un d’autre qui en aurait besoin.
De plus, si certains lecteurs ont des doutes d’être aux prises avec un tel problème de dépendance, pensant qu’ils ont peut-être des tendances, alors on trouvera ici des références pour trouver les outils qui pourront permettre de s’évaluer soi-même ou quelqu’un d’autre qu’on connaît bien.
Bonne lecture, et encore une fois merci !
Introduction
Quand je regarde quelque cinquante années en arrière, je me dis souvent que j’aurais bien aimé que, dès mon jeune âge, quelqu’un m’eût mis en garde concernant les problèmes de la consommation d’alcool, de drogue, de pilules, et de la dépendance en général.
J’aurais souhaité recevoir une éducation plus complète concernant la psychologie de l’enfance et de l’adolescence relativement au développement de la sexualité, à la compréhension de l’attrait entre 2 personnes, la force et le contrôle de la passion, de l’amour et de l’amitié.
J’aurais vivement apprécié recevoir de précieux conseils pour l’avenir immédiat, mais aussi à long terme et savoir comment apprivoiser certains revers dans la vie.
En résumé, j’aurais aimé un soutien pour m’aider à organiser ma vie de telle sorte que je puisse vivre dans le bonheur et apprendre que c’était la paix d’esprit qui pouvait m’y conduire.
Malheureusement, vivant dans un village de bûcherons dans les années cinquante, sans électricité dans la maison, sans téléphone ni télévision, sans aucun journal, cela n’était pas possible. J’avais huit ans lorsque l’électricité fut installée dans notre maison.
Notre apprentissage de la vie se limitait à notre propre expérience face aux exemples qui nous entouraient. De plus, s’il en était ainsi pour moi, comment pouvait-il en être pour mes parents évidemment plus âgés que moi, et qui avaient reçu une bien modeste éducation?
Par contre, en ce qui me concerne, je ne blâme personne pour mon alcoolisme et autres dépendances. Aujourd’hui, avec tous les moyens à notre disposition, il y a malheureusement un plus grand pourcentage de dépendants.
J’aurais probablement fait comme la plupart des jeunes qui ont un problème émotif: je n’aurais pas écouté et j’aurais fait à ma tête. Mais je demeure convaincu que, même si les jeunes n’écoutent pas tout de suite les conseils que nous pouvons leur prodiguer, ces conseils demeurent dans leur mémoire et, un jour, ils commencent à comprendre et agissent en conséquence.
Je suis né au Canada le 31 janvier 1941, à Grand-Remous, dans l’ouest québécois. Fils aîné d’une famille de quatre enfants, je fus élevé dans un petit village de colonisateurs parmi une population d’environ deux cents habitants, composés de bûcherons et de petits fermiers défricheurs qui s’improvisaient agriculteurs afin d’obtenir un lot de quelque 100 acres fourni par le gouvernement du Québec. Ils devenaient ainsi propriétaires d’un terrain sur lequel ils avaient le droit de se bâtir une sorte de maison, à condition de défricher un acre ou plus par année d’une terre cultivable. Quant à mon père, il était entrepreneur bûcheron et demeurait au centre du village.
Mon grand-père maternel, Georges L., était un « pure race » irlandais, né dans l’ouest québécois, dont les arrière-grands-parents étaient immigrés en 1847. Ils avaient survécu à la longue traversée de l’Atlantique en provenance directement de l’Irlande lors de la « grande famine », et la déportation des Irlandais vers le Canada et les États-Unis. Il était marié à Lucie L., ma grand-mère, qui était une Québécoise « pure laine ».
J’ai donc conclu que ma mère était 50% irlandaise. Elle s’appelait Marie et était née le 31 janvier 1921: j’ai donc vu le jour à son vingtième anniversaire de naissance précisément.
Elle m’a toujours dit que c’était le plus beau cadeau d’anniversaire qu’elle n’avait jamais reçu. J’ai toujours voulu y croire et, encore aujourd’hui, à mon anniversaire, étant donné qu’elle n’est plus là, je repense à cette tendre confidence et je ressens le grand vide de son absence.
Elle parlait une sorte d’anglais avec mon grand-père, un jargon entremêlé d’anglais et de celtique qui était très difficile à comprendre. Ma mère ne nous a jamais parlé en anglais à la maison lorsque j’étais jeune. Je crois qu’elle était gênée de parler cette langue inventée, et qu’elle ne connaissait pas très bien la vraie langue anglaise.
Mon grand-père irlandais ainsi que ses fils, donc mes oncles, étaient tous des alcooliques. La cause du décès de deux d’entre eux fut l’alcoolisme.
Du côté de mon père Wilfrid, mes grands-parents étaient tous les deux descendants québécois et ne parlaient que le français.
Je me considère donc Québécois à 75% et Irlandais à 25%, un trèfle à une feuille quoi !
À l’âge de dix ans, je voulais déjà sortir du petit village où j’étais né. J’ai tourmenté mes parents jusqu’à ce qu’ils acceptent de m’envoyer dans un collège à Mont-Laurier, une petite ville située à une vingtaine de milles à l’extérieur de mon village natal.
J’ai donc quitté la maison à l’âge de dix ans pour m’en aller pensionnaire, en préclassique, au séminaire de Mont-Laurier. À cet âge, j’avais déjà commencé à consommer de la boisson alcoolisée. À 12 ans, après m’être battu avec un professeur, je fus mis à la porte du séminaire. Quelques mois plus tard, sous l’influence de mon père et le curé de ma paroisse, je retournais au même séminaire, mais, cette fois-là, j’étais inscrit aux Art & Métiers. J’ai terminé les deux années de cours en Art & Métiers et, à 13 ans et demi, j’ai quitté le collège pour ne plus jamais retourner aux études.
À 14 ans, je me considérais déjà un homme et, comme voulant le démontrer, je fumais comme une cheminée et je buvais comme un ivrogne. J’agissais comme tous les jeunes de mon âge et j’aimais fréquenter les gens un peu plus vieux que moi, cela me permettait de pouvoir me faire admettre dans les débits de boisson. À 18 ans, j’avais parcouru et visité tous les hôtels et bars à 50 milles à la ronde.
Je me tenais avec un de mes cousins que j’aimais bien, il s’appelait Laurier. Il était de mon âge et nous prenions un coup solide ensemble. Nous avions tous les deux des idées aventurières. Je sortais souvent les samedis soir avec ce cousin. Notre sport préféré était d’aller se battre dans les hôtels des villages voisins. Il fut moins chanceux que moi avec la vie puisqu’il est mort englouti dans la boue lors d’un terrible accident qui survint le 8 septembre 1965, lors de la construction du pont de Trois-Rivières, alors qu’il n’avait que 24 ans.
À 20 ans, j’avais déjà effectué autant d’emplois différents que le nombre d’années que j’avais vécu. J’avais travaillé comme laveur de vaisselle dans des camps de bûcherons et, plus tard, j’avais travaillé comme serveur et « bar tender » dans plusieurs hôtels différents. Et depuis quelques années, je travaillais comme conducteur de camions et de machineries lourdes. Vers la fin de mes 20 ans, je fus recruté, à ma grande surprise, comme policier dans la Sûreté du Québec.
À ce moment-là, en 1961, le cours d’entraînement pour devenir agent de la Sûreté du Québec n’était que de six semaines. C’était alors au tout début de la réorganisation du corps policier, je faisais partie du cinquième contingent, matricule #2550. Sans aucune formation, ou à peu près, concernant les Lois et procédures du code criminel ainsi que de quelques statuts provinciaux, je devais donc apprendre à m’en sortir, dans le feu de l’action, au moment même où les évènements survenaient. Tout ce que je sais, je l’ai appris sur le tas, comme on dit. Ce fut l’histoire de ma vie: vivre en autodidacte et essayer de démontrer que je pouvais contrôler la situation dans laquelle je me trouvais.
Le fait que je prenais un verre presque à tous les soirs avec des policiers qui avaient plus d’expérience que moi m’a permis d’apprendre des trucs et de me sauver de bien des troubles. C’est à ce moment-là que j’ai appris à porter le masque pour cacher mon ignorance et la peur, et faire semblant que j’étais toujours à la hauteur de la situation.
Vers la fin de mes 21 ans, je me suis marié alors que j’étais ivre. Je m’étais couché à quatre heures du matin après avoir bu au-delà d’un 26 onces de Whisky et je devais me lever quatre heures plus tard pour aller me marier. Je n’avais pas eu le temps de digérer tout l’alcool que j’avais consommé, j’avais donc dû prendre un petit remontant avant d’aller à mon mariage. Le curé a probablement senti « le fond de tonne » que je dégageais durant tout le temps qu’a duré l’échange des vœux.
Le deuxième soir de mes noces, alors que nous étions dans les Bermudes, dans une petite cabine près de la mer, je ne pouvais pas passer une soirée complète sans prendre de boisson: j’avais trouvé le moyen de sortir de cette cabine pour aller prendre un verre. Je m’étais rendu au bar de l’hôtel et j’avais laissé ma nouvelle épouse seule dans la cabine parce qu’elle ne voulait pas venir au bar pour prendre un verre avec moi. Depuis l’âge de 15 ans jusqu’au moment où j’ai joint la force policière de la Sûreté du Québec, j’avais continuellement consommé de la boisson à toutes les occasions qu’il m’avait été possible de le faire. Par la suite, en temps que policier, j’ai continué à consommer des alcools, tels que le Whisky, etc. au fur et à mesure que les évènements tragiques et macabres se produisaient, c’était ma nouvelle excuse pour prendre un verre.
Des évènements tragiques et macabres, il y en avait presqu’à tous les jours, ce qui m’amenait à rencontrer très souvent les propriétaires de salons funéraires où étaient transportés les cadavres, reliés à ces évènement tragiques. Je n’ai pas connu beaucoup de directeurs de salons funéraires qui n’étaient pas alors alcooliques. À chaque occasion que je devais à en rencontrer un, il m’offrait un verre pour me dire bonjour. C’était pour eux une occasion de plus pour prendre un verre avec la police.
C’était le directeur du salon funéraire qui offrait au Coroner tous les services en commençant par lui offrir un local pour tenir son enquête, et même trouver cinq jurys parmi ses amis du village. Bien entendu qu’en plus de tous ces services, il y avait du cognac et autres boissons fortes à profusions et, drôle de coïncidence, il semblait que tous ces amis jurys aimaient bien consommer gratuitement le cognac du croque-mort…
Après un certain nombre d’années à me rendre dans ces endroits pour mes enquêtes sur des meurtres et des morts suspectes, je suis venu à en connaître plusieurs avec qui je suis devenu ami et surtout bon compagnon consommateur d’alcool. À l’occasion, je passais plusieurs heures à prendre un verre avec eux et ils me parlaient de leur métier d’embaumeur et me racontaient des anecdotes concernant toutes sortes d’histoires plus macabres les unes que les autres. Comme je disais plus tôt, je n’en ai pas connu un seul qui n’était pas alcoolique, alors c’était devenu des endroits préférés pour prendre un verre.
Il y en a même un qui a essayé de me montrer comment embaumer un mort, il avait un plaisir fou à nous montrer comment il réussissait à reformer des visages déformés dans des accidents, à l’aide de photos. Toutes les occasions étaient justifiables pour prendre un verre, sous prétexte que ces moments étaient difficiles à supporter. Les plus difficiles étaient lors de la découverte d’enfants accidentés ou morts dans des circonstances tragiques, et lorsque je devais assister aux autopsies pratiquées sur ces enfants.
Passer des heures avec le pathologiste lors d’autopsies compliquées dans des cas de meurtres pour tenter d’en définir certains faits, ce n’était pas non plus très agréable. Lorsque je fus infiltré dans un cercle de prostituées qui nous fournissaient des informations sur les allées et venues de voleurs à main armée qui braquaient des banques, c’était très stressant. Mais j’avais l’avantage de prendre de la boisson à chaque fois que je devais les rencontrer dans les bars.
Ma participation aux services de renseignements spéciaux, travaillant sur les activités des membres du crime organisé à Montréal et dans l’Est du continent nord-américain fut pour moi une période dans laquelle j’ai beaucoup voyagé et demeuré dans un grand nombre d’hôtels sur toute la côte est de l’Amérique du Nord. Je crois que je connaissais plus de barmaids que le nombre de criminels que je devais espionner.
Tous les évènements qui se passaient concernant mon travail, mes activités personnelles ou familiales se produisaient en consommant de la boisson. Tout cela pour vous dire que ce fut une période durant laquelle ma consommation d’alcool et de pilules pour dormir a beaucoup progressé.
Je me souviens comment je me sentais en revenant chez moi après des jours d’absences et que je tentais de vivre normalement avec mon épouse du temps.
Au cours de mon cheminement d’alcoolique, j’avais eu recours à des pilules pour dormir. Il s’agissait de barbituriques (Seconal 100mg.) qui furent bannies du marché par la suite vers les années 90, je crois. Ma consommation a progressé d’année en année durant mes 15 années comme enquêteur criminel. C’était devenu un enfer dans lequel il était de plus en plus difficile de vivre.
J’ai donc abandonné ma carrière de policier, croyant que c’était mon travail qui m’amenait à consommer de la sorte. J’ai commencé en affaires comme constructeur résidentiel après être sorti du corps policier, cependant ma consommation a continué de plus belle. J’ai vécu un enfer de plus en plus difficile à endurer sur une période de 30 ans, soit de 14 à 44 ans. Fin décembre 1981 et début de 1982, je suis allé un mois dans le centre de désintoxication Hazelden, de Center City, dans le Minnesota, aux États-Unis.
J’ai finalement réussi à arrêter définitivement le 19 septembre 1986.
Il faut comprendre ici que je n’avais reçu aucune culture ou formation pour affronter le genre de vie que j’ai vécu alors que j’aurais dû avoir des connaissances psychologiques, médicales et légales pour effectuer mon travail. Mais je n’avais rien de cela.
Je devais aussi m’improviser ambulancier, médecin, avocat pour m’entretenir avec les juges, les pathologistes, les enquêteurs supposément expérimentés. Je devais me comporter pour dissimuler, surtout au début, que je ne connaissais à peu près rien de tous ces langages. Lorsque je suis devenu homme d’affaires et constructeur d’habitations, j’étais encore dans un domaine dans lequel je ne connaissais à peu près rien. J’ai dû faire comme d’habitude: apprendre sur le tas.
J’entendais dire souvent que « l’avenir appartient aux audacieux ». Alors ce n’était pas l’audace qui manquait, car j’avais du front tout le tour de la tête et, étant en boisson la majeure partie du temps, il n’y avait pas grand-chose qui me faisait peur. Du moins en apparence! Alors que dans le temps, je ne connaissais rien de l’alcoolisme, des drogues et de la dépendance en général, plus celle-ci progressait et plus je me mettais les pieds dans les plats dans toutes sortes d’affaires, et je faisais des gaffes. Lorsque j’étais seul avec moi-même, je me posais de sérieuses questions à savoir si j’étais devenu complètement fou et où cela était pour m’amener.
J’ai décidé d’écrire ce livre pour livrer mon message de partage avec le plus grand nombre de personnes possible et tenter de m’aider personnellement, d’aider ceux et celles qui sont aux prises avec des problèmes de consommation désordonnée ou avec d’autres problèmes émotionnels qui les amènent à agir d’une manière impulsive.
J’ai voulu démontrer que, peu importe le degré où vous êtes rendu dans votre consommation, prenez pour acquis qu’elle va progresser de plus en plus au cours du temps. Alors cela pourra vous donner une idée où la progression peut nous conduire.
Vous ne pouvez absolument pas boire continuellement sans progression.
Il faut trouver le moyen d’arrêter de consommer et de pouvoir vivre heureux par la suite: vous le pourrez si vous prenez la décision de suivre le Plan. Puisqu’à défaut de vivre heureux en ne consommant plus, vous êtes voué à recommencer à plus ou moins court terme, si vous êtes malheureux.
J’ai tenté d’élaborer clairement le Plan qui m’a été enseigné et que j’ai suivi. Cela m’a permis d’arrêter de consommer d’une part et d’autre part, m’a aussi aidé à vivre heureux depuis dans la sobriété. J’aimerais de plus contacter les jeunes qui ne font que commencer à consommer de la boisson ou de la drogue. Quant à moi, c’est la même chose avec les mêmes conséquences. Je voudrais les informer de ce qui les attend dans le détour s’ils ne peuvent pas se contrôler et continuent de consommer. Je voudrais leur expliquer comment la dépendance peut se créer et où elle risque de nous mener avec le temps.
Encore une fois, dites-vous bien que, si j’ai réussi à arrêter ma consommation de boisson, de drogues et de pilules pour dormir après avoir vécu l’enfer dans lequel j’ai souffert pendant 30 ans et surtout réussi par la suite à vivre heureux dans la sobriété depuis 1986,
on doit se dire que nous le pouvons nous aussi !
À partir de cet instant, nous savons ce que nous avons à faire,
c’est de prendre une décision.
Bonne chance à tous et que Dieu vous bénisse !
Commentaire :
J’ai voulu vous raconter dans ce livre les circonstances dans lesquelles j’ai vécu certains faits au cours de plusieurs étapes différentes de ma vie, à partir de mes premiers souvenirs d’enfance qui m’ont marqué et qui m’ont suivi tout au cours de ma vie, qui ont influencé mon système émotif, d’une manière ou d’une autre.
C’est pourquoi, après certains récits, vous pourrez lire mes commentaires que je peux me permettre de faire aujourd’hui relativement aux réactions émotives que j’ai vécues au cours de ces expériences et ces aventures à chacune des étapes de ma vie.
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Partie I
Découverte de l’effet de l’alcool
Chapitre I
Mes premiers souvenirs d’enfance et de l’alcool
Parmi mes souvenirs d’enfance, je me rappelle d’un évènement en particulier qui m’avait marqué alors que nous vivions dans un camp de bûcherons où il y en avait plusieurs qui y demeuraient tout l’hiver à bûcher du bois.
Je me souviens que la couverture du camp de bûcherons qui abritait la cuisine était tellement basse et les bancs de neige tellement hauts que je pouvais monter sur ceux-ci pour aller décrocher des gros glaçons de la couverture, faisant plus d'un mètre de longueur. Je m’en servais pour simuler un fusil et je jouais à la guerre. Je me cachais en arrière d'un arbre et, lorsque mon oncle qui s’occupait de l’entretien des camps passait par là, je tirais sur lui en criant: « Bang ! Bang !" et mon oncle Jean tombait dans la neige.
Des fois il demeurait tellement longtemps sans bouger, faisant le mort, que je pensais l’avoir réellement tué. Je le brassais de tous les bords et il ne voulait pas se réveiller. Je lui disais que c'était juste pour jouer, mais il ne se réveillait pas. Alors je commençais à pleurer et, tout à coup, il se réveillait en riant très fort et il partait à courir après moi.
Je venais d’avoir 6 ans. Nous vivions dans un camp de bûcherons où mon grand-père Georges en était l’entrepreneur et où mon père Wilfrid travaillait comme bûcheron, et ma mère Marie travaillait dans la cuisine avec sa mère, ma grand-mère Lucie.
Je me souviens que le plancher de la cuisine était jaune, non pas parce qu'il était peint de cette couleur, mais parce que ma mère en lavait les planches en bois bruts avec du « caustique ». Alors les planches non rabotées devenaient lisses et jaunes tellement elles étaient propres.
Ma mère ne voulait pas que je demeure dans la cuisine quand elle lavait le plancher et, ce jour-là, elle m'avait envoyé jouer dehors pour m’empêcher de respirer le caustique. Ce même jour, avant de sortir dehors, elle semblait triste et je lui ai demandé où était ma grand-mère Lucie. Elle m'a répondu qu'elle était à l'hôpital à Maniwaki pour se faire opérer dans la gorge et qu’elle était très inquiète.
Je me souviens que, dans l'après-midi, un homme étranger était arrivé au camp avec un cheval de course attelé à une petite carriole noire. Il était entré dans la cuisine et, peu de temps après, maman était sortie dehors pour m'appeler et me demander d'entrer vite à l'intérieur.