par
Françoise Sagan
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Les articles publiés dans ce Carnet proviennent notamment des journaux suivants : Vogue, Elle, Femmes, Égoïste, Le Nouvel Observateur
© Éditions de L’Herne, 2008
22, rue Mazarine 75006 Paris
TABLE DES MATIÈRES
Le
point de vue de Françoise Sagan
Zelda
Fitzgerald
Yves
Saint Laurent
Bettina,
l’éminence rousse
Sagan
et la mode
Helmut
Newton, Peggy Roche.
Deux
fous amoureux de la mode
Le
nouveau style d’Adjani
Peggy
Roche. Le style, absolument
Un
visage de loup et un rire de russe
Le
rire
La
semaine de Françoise Sagan
LE POINT DE VUE DE FRANÇOISE SAGAN
Je l’avoue, c’est d’un froid serein que j’ai accepté cette tâche écrasante : composer le numéro de Vogue Noël 1969. Pour quatre raisons :
a – la mode m’amuse,
b – les possibilités artistiques et techniques de Vogue sont énormes,
c – j’adore prendre l’air décidé et débrouillard (n’étant ni l’une ni l’autre),
d – ça paie mon tapissier.
De plus, il y a deux points que je voudrais rappeler à nos fidèles lectrices (et ceci parce qu’au cours de nombreux dîners, j’ai vu aussi bien des femmes belles déguisées en abat-jour que des femmes insignifiantes brusquement stylisées par leurs robes) :
On ne s’habille pas pour éblouir les autres femmes ou pour les embêter. On s’habille pour se déshabiller. Une robe n’a de sens que si un homme a envie de vous l’enlever. Je dis bien l’enlever pas l’arracher en hurlant d’horreur...
C’est pourquoi j’ai fait appel à six hommes pour ce numéro.
Un homme ne vous aime pas pour une robe. Il vous aime pour un rendez-vous manqué, un mot, un regard... Seulement, un jour, il vous réclamera aigrement « cette robe bleue, tu sais... » (aux orties depuis deux ans) qu’il n’avait pas semblé voir. Les hommes se « souviennent » des robes. Mais leur mémoire est sélective.
Évitez donc les barboteuses. Celles-là, ils les « voient » d’abord... Et s’en souviennent ensuite.
Ce petit cours de morale fini, je souhaite que vous vous distrayiez autant à lire ce numéro que nous nous sommes diverties à le faire, les dames de Vogue et moi. Bon Noël à vous. Et si vous souhaitez un bon Noël à d’autres, il y a plein de cadeaux page 116.
ZELDA FITZGERALD
Jacques Delahaye va ouvrir, début octobre, sa propre boutique rue Saint-Sulpice, tout en glaces et laques bleu marine. Il y vendra enfin ses propres modèles sous son propre nom, après les avoir créés depuis des années pour les maisons Dejac, McDouglas et Anne-Marie. D’immenses jambes dans des pantalons de toile écrue rustique, une courte barbe blonde en pointe sur un blouson et un mouchoir rouge en soie noué dans l’échancrure, Jacques Delahaye, l’œil rêveur, a le talent de savoir faire naître aussi bien des manteaux confortables et classiques (il y en a un célèbre, daté de 1960, que l’on refait toujours) que de merveilleuses robes très féminines. Lisez ci-dessous ce qu’elles évoquent pour l’une de ses meilleures amies.