Clara Alonso
Griffonnages du sud
♦ ♦ ♦
Garabatos del sur
Éditions Dédicaces
Griffonnages du sud - Garabatos del sur
© Copyright - tous droits réservés à Clara Alonso
Toute reproduction, distribution et vente interdites
sans autorisation de l’auteur et de l’éditeur.
Dépôt légal :
Bibliothèque et Archives Canada
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Un exemplaire de cet ouvrage a été remis
à la Bibliothèque d'Alexandrie, en Egypte
Pour toute communication :
Site Web : http://www.dedicaces.ca
Courriel : info@dedicaces.ca
MonAvis : http://monavis.dedicaces.ca
Facebook : http://facebook.dedicaces.ca
Clara Alonso
Griffonnages du sud
♦ ♦ ♦
Garabatos del sur
Née à Jáchal, au pied des Andes, province de San Juan, République Argentine, terre des immigrés de tout le monde, son père était argentin et sa mère est née à Cuba. Amoureuse des lettres, elle a appris à lire à cinq ans et remercie ses parents qui lui ont donné l’amour pour la lecture, sans censure ni limites.
Elle a fait ses études à San Juan (Maîtresse d’Ecole et Maîtresse en Beaux Arts) et elle a fini le professorat de Français à Tucumán, province du Nord Ouest du pays.
Les écoles ont été son lieu de travail. Elle a travaillé dans l’enseigne-ment avec des élèves de tout âge, des petits jusqu’aux adultes.
Elle a quatre prix littéraires, deux en poésie et deux en prose.
Nacida en Jáchal, al pie de los Andes, provincia de San Juan, República Argentina, tierra de inmigrantes de todo el mundo, su padre era argentino y su madre nació en Cuba. Enamorada de las letras, aprendió a leer a los cinco años y agradece a sus padres su amor por la lectura sin censura ni límites.
Hizo sus estudios en San Juan (Maestra Normal Nacional y Maestra en Artes Plásticas) y terminó el profesorado de Francés en Tucumán, provincia del Norte del país.
Trabajó en la enseñanza con alumnos de todas las edades, desde pequeños hasta adultos.
Posee cuatro premios literarios, dos en poesía y dos en prosa.
Il y a deux mots en « lunfardo » (l’argot du tango): le mot « grela » (page 64 texte « Le dernier tango ») qui signifie « mimi », « femme », et le mot « percanta » avec la même signification.
Quelle est la cause de sa présence, étant donné la richesse des langues comme l’Espagnol et le Français ? Je pense que selon le sujet exprimé, l’inspiration du moment ou la force qu’on veut donner à un texte déterminé, il est legitime de prendre des mots d’autres langues pour essayer de dire plus strictement ce qu’on sent.
D’autre part, je crois sincèrement que les mots ne sont pas la propriété exclusive d’une communauté particulière et qu’on peut les emprunter tout respectueusement, avec le seul but de la communication esthé-tique.
Hay una palabra en inglés “partner” (página 77 en el texto “Olvidar”) y dos en lunfardo (lenguaje marginal utilizado frecuentemente en el tango), la palabra “grela” (página 65 en el texto “El último tango”) que significa “mujer” y “percanta”, con el mismo significado.
¿Cuál es la causa de su presencia, dada la riqueza de los idiomas Español y Francés? Pienso que según el tema, la inspiración del momento o la fuerza que se quiere dar a un texto determinado, es legítimo utilizar términos de otros idiomas para tratar de expresar lo más estrictamente posible lo que se siente.
Por otra parte, creo sinceramente que las palabras no son propiedad exclusiva de una comunidad determinada y que se las puede pedir prestadas, respetuosamente, con el único objetivo de la comunicación estética.
Ça suffit les lignes cohérentes !
Je veux l’antichronologie.
J’aime les événements mêlés.
J’ai écrit. Après je suis née,
(même si j’étais morte)
et maintenant je regarde l’histoire
des êtres qui ne sont pas mes fils,
ils sont mes ancêtres.
C’en est assez de la logique,
des trouvailles.
Je veux l’illogique, la magie.
Moi, je suis celui-là.
Et ce qui se passe en ce moment
n’a jamais eu lieu.
Basta de líneas coherentes.
Quiero la anticronología.
Amo los sucesos barajados.
Yo escribí, después nací,
(aunque ya estaba muerta)
y ahora miro la historia
de los seres que no son mis hijos,
que son mis ascendientes.
Basta de lógica, de aciertos.
Quiero lo ilógico,
lo mágico.
Yo soy aquel.
Y lo que pasa ahora
no pasó nunca.
C’était un vertige de lumières
et de couleurs.
Je pivotais, je dansais, je sautais.
Tout devenait bleu
ou violet ou rouge.
Et je continuais à tourner.
Toute bleue
ou violette ou rouge.
Plus vite. Plus encore.
Les formes disparaissaient à mon côté.
Plus vite. Plus rapidement.
Je disparaissais aussi.
Quel absurde carroussel celui du rêve.
Si absurde et si réel.
Comme je continue à faire des tours,
toute bleue, toute violette,
toujours égale.
Era un vértigo
de luces y colores.
Yo giraba, bailaba, daba vueltas.
Todo se volvía azul, o violeta, o rojo.
Y yo seguía girando.
Toda azul, o violeta, o roja.
Más rápido, más.
Desaparecían las formas a mi lado.
Más aprisa, más.
Desaparecía yo también.
Qué absurda calesita la del sueño.
Qué absurda y qué real.
Cómo sigo girando, bailando,
dando vueltas,
toda azul,
toda violeta, siempre igual.
Les vieilles du petit village
la regardent passer et murmurent.
Les hommes du petit village
la regardent passer et la désirent.
Comme je voudrais être
la femme du poème!
Las viejas en el pueblo,
la miran pasar y cuchichean.
Los hombres en el pueblo
la miran pasar y la desean.
¡Cómo quisiera ser
la mujer del poema!
Faites attention
à la bouche ouverte du lion
qui n’obéit pas au dompteur.
Faites attention
à la main fermée de l’homme
qui se croit Dieu.
Cuidado
con la boca abierta del león
que no obedece al domador.
Cuidado
con la mano cerrada del señor
que se ha pensado Dios.
Il n’y a plus de place
pour la douleur.
Je sens un déchirement intérieur,
immense, tragique.
Il n’y a pas de mots
pour me consoler.
Il n’y a pas de prière à dire
parce que je ne sais pas
à qui m’adresser.
Je sens la violence
dans mon corps.
Je ressens
tant d’impuissance retenue!
Une blessure poignante.
Une lacération
qui ne pourra jamais cicatriser.
Ouverte pour toujours.
Elle finira seulement
avec le dernier air.
Et c’est ma vie !
No queda lugar
que no me duela.
Siento un desgarramiento interior
inconsolable,
inmenso,
trágico.
No hay palabras para confortarme,
ni hay rezo que pueda rezar
porque desconozco a quién hacerlo.
Siento una violencia interior,
tanta impotencia contenida.
Una lacerante,
doliente herida,
que no podrá cicatrizar.
Abierta para siempre.
Que sólo acabará
con el último
aliento de esta que es mi vida.
Qu’on me laisse.
Qu’on me laisse pleurer.
Puisque j’en ai envie
et j’ai trop de pleurs.
Qu’on me laisse.
Qu’on me laisse crier.
Puisque je suis pleine de peine
et d’angoisse.
Qu’on me laisse.
Puisque je me sens seule.
Puisque je suis solitaire.
Qu’on me laisse.
Puisque je suis née solitaire
et solitaire je meurs.
Qu’on me laisse.
Qu’on me laisse seule.
Car je suis malheureuse.
Que me dejen.
Que me dejen llorar.
Que tengo ganas.
y me sobra llanto.
Que me dejen.
Que me dejen gritar.
Que estoy llena de pena
y de angustia.
Que me dejen.
Que me siento sola.
Que solitaria me siento.
Que me dejen.
Que solitaria he nacido
y solitaria me muero.
Que me dejen.
Que me dejen sola.
Que desgraciada me siento.
La grille coloniale de la cour.
La monotonie des tuiles.
Moi, débout sous la treille.
Il n’y a pas d’autre lumière que la lune.
Et c’est son dernier quartier.
Je devine les ombres des choses
et dans la demi obscurité se mélangent
la cour et les souvenirs d’enfance.
La reja colonial del patio.
La igualdad de las tejas.
Yo aquí de pie bajo la parra.
No hay más luz que la de la luna.
Y es cuarto menguante.
Adivino las sombras de las cosas
y en la casi oscuridad se mezclan
el patio y los recuerdos de infancia.
Marcheur de l’éternité.
J’ai vu un pêcheur de rêves,
la tête pleine d’illusions.
Géant chimérique, burlesque,
ne tue pas le pêcheur de rêves
ou je le réveille et lui crie
que tu n’existes pas.
Caminante de lo eterno,
he visto un pescador de sueños,
llena de ilusiones la cabeza.
Gigante quimérico, burlesco,
no me mates al pescador de sueños
o lo despierto y le grito
que no existes.