Excerpt for Une lumière au bout du tunnel by Xavier T., available in its entirety at Smashwords

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Une lumière au bout du tunnel!!!


Xavier T.

Edition électronique

São Paulo – Mai – 2001


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moyens, sans autorisation au préalable, par écrit, de l’auteur.



Lettre au lecteur

J'ai écrit le livre original en portugais puisque c’est actuellement cette langue qui me permet de m’exprimer le plus facilement, j’habite au Brésil depuis 1986 pour la seconde fois, par conséquent je suis entrain de le traduire au mieux que je peux au Français et je vous présente mes excuses pour la qualité de cette traduction car sans une pratique constante d’une langue on finit par l’oublier petit à petit.

Je n’aurais jamais pu penser qu’un jour je pourrais écrire, je n’aimais pas écrire ni lire, même si je l’avais voulu je ne l’aurais jamais réussi par manque de temps, parce que j’ai toujours eu une vie très agitée et j’étais une personne très occupée. Ce qui m’a mené à le faire c’est tout simplement la gratitude pour être qui je suis aujourd’hui grâce à mon passé alcoolique, un passé noir et souffert, dont déjà sans espoir de vivre tout à coup les choses ont changé après avoir vécu une “expérience sans nom”. Je sens le besoin de dire qu’il y a une solution pour les déséquilibres émotionnels et spécifiquement comme c’était mon cas, pour la dépendance de l’alcool.

Ce livre, n’est ni ne prétend pas être technique ou professionnel, j’espère réussir raconter la pure vérité sur les faits réels que j’ai vécus à travers de la dépendance et de la souffrance, et plus tard de la récupération.

J’ai été obligé d’assumer sans option des responsabilités d’adulte déjà dans mon adolescence, il m’a fallu brûler quelques étapes de la vie pour atteindre des buts que je m’étais établis à l’avance. J’ai vécu ce qui pour beaucoup de gens pourrait signifier “réussir dans la vie”. J’ai pas mal voyagé, j’ai vécu dans quelques pays et exercé des hauts postes dans des grandes sociétés, ce n’était pas suffisant pour moi, pour réaliser mes ambitions personnelles je devais être un entrepreneur de succès, obsédé par cette idée j’ai eu aussi mes entreprises.

Après une telle expérience de vie, lorsque tout paraissait indiquer que j'avais réussi à réaliser mes rêves avec un certain succès, je me suis aperçu que j'étais arrivé au bas fond. Il était trop tard et je me trouvais devant une situation irréversible, désespéré j'ai essayé d'autres alternatives, mais en vain, je n'avais plus de forces et j'étais angoissé au point de penser que je devenais fou où que je pourrais mourir á court terme.

Nous vivons dans un monde perturbé et toujours le sera, les catastrophes et les calamités continuent depuis tous les temps et sont encore présentes, les frontières qui délimitent les pays existent encore et on se bat toujours pour les mêmes raisons, parfois il parait que ça se calme, mais les guerres technologiques sont une affaire d'actualité, il semblerait que l'être humain a toujours agît par ses idéologies e soif de pouvoir, rien ne changera si ne changeons pas nous mêmes.

J'aimerais que cette petite lecture puisse donner une vision d'espoir pour une vie meilleure, il existe oui, la possibilité de vivre d'une manière heureuse avec sérénité et sagesse, mais la vie m'a montré que cela arrive la plupart des fois seulement quand on arrive à une totale défaite. J'entends qu'aujourd'hui je vis une vie heureuse et ma famille aussi, en d'autres mots j'ai encore une chance, une vie nouvelle. Aujourd'hui, au contraire du passé je n'ai plus besoin d'être le directeur du show, la vérité c'est que mes priorités et ma façon de voir les choses ont changé.

Ça valait le coup . . . .



Sommaire


Introduction.


L'enfance - Dans les discussions et disputes de famille les adultes deviennent des enfants et, les enfants soufrent comme si c'étaient des adultes - Un enfant fragile et sensible vit dans une ambiance néfaste qui le marquera pour toute sa vie


Liberté – Egalité – FraternitéIl apparaît une opportunité unique pour y arriver – Il suffit d'avoir du courage et de la volonté pour arriver au sommet


Possédé par le coup de foudre, amour à vueL'amour ne presse pas, sans lui c'est impossible de vivre – Le hasard n'existe pas, le destin était prédéterminé


Le Christ m'attendait Voulant arriver au sommet à cause de mes ambitions maladives - Encore une fugue cherchant ma propre identité


Dans le désespoir, ma famille s'effondrait avec moi – Sans direction je retournais à l'enfer – La chute libre commençait - Après les bénéfices arrivent les dégâts


Il me fallait saisir la dernière chance J'étais vaincu, sans plus aucune expectative de vie - Obligé d'accepter la réalité pour rester vivant


Une lumière au bout du tunnelUne deuxième vie commençait - Mes premiers temps de sobriété


Les Douze Etapes des A.A. - Suggestions pour celui qui veut abandonner l'alcool - Un programme de vie qui peut être adopté par n'importe qui


Questions et réponses sur les Douze Etapes des A.A.Si vous n'avais jamais entendu parler des Alcooliques Anonymes, voici quelques tuyaux


Mon opinion sur les A.A.Résumons - Chapitre V du livre Bleu


Bibliographie





Introduction


Pendant ces dernières années tel qu'un nouveau-né je me suis “réellement” intéressé à l'être humain, j'ai essayé de comprendre ce qu'il y avait qui n'allait pas en moi pendant plus de trente ans. Je me sens soulagé quand je pense que nous avons tous avec plus ou moins d'intensité certains défauts ou imperfections qui nous mènent systématiquement à quelque type de dépendance. Pour certains ces défauts sont enracinés en eux mêmes faisant partie de leurs propres personnalités et certainement ne s'en aperçoivent pas, ce qu'on pourrait appeler de névrose pure, il y a aussi ceux que d'une ou autre manière ont le besoin conscient de consommer quelque chose qui puisse leur rapporter relâchement ou euphorie en fonction de chaque cas, de toutes façons tous obtiennent ce dont ils ont besoin, à travers de quelque chose ou de quelqu'un (en canalisant l'état émotionnel provoqué par les défauts de caractère), ce qui détermine une dépendance. Il existent des tas de manières de dépendre de quelque chose ou de quelqu'un, pour certaines la société les voit comme dépendances graves parce que progressivement peuvent aboutir à la mort prématurée ou à des dérangements psychiques irréversibles, dans la mesure où l'on consomme excessivement des drogues, nocives pour la santé. On essaye presque toujours cacher la vérité parce que c'est honteux pour ceux qui cohabitent avec la “victime” et aussi parce que la plupart des gens ignore qu'il s'agit d'une maladie, pourtant, croyant que le patient puisse être récupéré du “vice” on a l'habitude de traiter les effets et non pas les causes, autrement dit une espèce d'anesthésie, je trouve aberrant être obligé de vivre toute une vie à base de tranquillisants. D'autres dépendances plus légères sont vues avec tolérance parce que on pense qu'être dépendant du chocolat, gâteaux ou manger excessivement ce n'est pas trop grave, il y a aussi ceux qui ne consomment rien du tout parce qu'ils n'ont jamais eu l'occasion ou motif pour essayer de le faire, mais, rien n'empêche qu'ils aient des déséquilibres émotionnels qu'ils ne perçoivent pas eux mêmes mais qui sont perçus par les autres.

En fréquentant des nombreuses réunions et conférences, et en parlant avec des spécialistes sur l'alcoolisme, j'ai appris qu'il s'agissait d'une maladie et que ce n'étaient pas eux qui avaient fait telle découverte, ils me disaient que c'était ainsi annoncé par l'O.M.S. (Organisation Mondiale de la Santé), qu'elle était progressive, incurable et qu'elle pouvait se terminer par la mort prématurée ou mener à la folie. Lorsque j'ai entendu le mot “maladie” la première chose qui passait dans ma tête c'était qu'ils avaient tout à fait raison, ils disaient la vérité, parce que dit par eux si cela s'avérait exact il serait plus facile à supporter. Ils expliquaient que c'était une maladie très complexe car elle ne se limitait au simple fait d'individus qui buvaient jusqu'à tomber ivres morts par terre, elle était complexe parce qu'elle atteignait aussi bien le coté physique que le mental et émotionnel.

C'est à cause de ces caractéristiques que l'alcoolisme est universel, il peut atteindre n'importe quel habitant de n'importe quel pays, sans discrimination de couleur, sexe, niveau intellectuel, religion, âge ou classe sociale.

Jusqu'à présent il n'existe aucun vaccin ou médicament pour l'alcoolisme qui ait réellement prouvé un résultat fiable, ceci en fonction de ses caractéristiques, parce que nous parlons ici d'un thème bien plus complexe que le coté physique pure et simplement. Je ne veux pas déprécier ni la médecine ni les religions, parce que parfois elles ont réussi des bons résultats, je sais que beaucoup de professionnels ont travaillé dans le sens de récupérer des alcooliques et dédié une grande partie de leur temps, mais, nous observons qu'une fois terminé le traitement médical et le patient reprend sa vie normale les chances d'une réintégration dans la société sont minimes. Là dehors, les occasions de boire un coup sont permanentes, et alors, comment faire?, c'est justement ce premier verre qui peut faire que tout commence à nouveau, car l'alcoolique ne peut contrôler sa façon de boire. On doit reconnaître les efforts qu'aussi bien la médecine, psychiatrie, psychologie, assistantes sociales et bien d'autres, ainsi que plusieurs religions ont fait pour aider ceux qui soufrent de cette maladie. Ce sont des forces qui s'additionnent pour le bien-être de l'humanité.

D'où l'existence de mouvements d'entraide : Alcooliques Anonymes pour dépendants de l'alcool, Al-Anon pour ceux qui cohabitent avec l'alcoolique, Al-Ateen pour enfants d'alcooliques, âgés entre treize et dix-neuf ans, Narcotiques Anonymes pour dépendants de drogues (appelées illicites), Nar-Anon pour ceux qui cohabitent avec les dépendants de drogues, Névrosés Anonymes pour ceux qui ont des déséquilibres émotionnels, C.C.A. Comedores Compulsivos Anônimos (mangeurs compulsifs), F.A. Fumeurs Anonymes, M.A.D.A. Mulheres que Amam Demais Anônimas (femmes qui aiment d'une manière compulsive), D.A.S.A. Dépendants d'Amour et Sexe Anonymes, S.I.A. Survivants d'Inceste Anonymes, Joueurs Anonymes, voila quelques mouvements d'entraide existants au Brésil actuellement, il en existe à l'étranger bien d'autres qui traitent d'autres dépendances e qui très probablement bientôt on pourra les trouver ici. Tous les mouvements Anonymes sont une adaptation du programme des Alcooliques Anonymes dont la base essentielle est les DOUZE ETAPES, outil fondamental pour la récupération du dépendant. Basé sur les échanges d'expériences (partages) entre les membres, c'est qu'on arrive à arrêter la maladie en changeant d'une façon radicale notre mode de vie. Il existe aussi d'autres mouvements et associations qui ont le même but et qui contribuent aussi pour une récupération satisfaisante de l'alcoolique. Elles sont toutes bienvenues, car même si elles ont des structures différentes ce qui réellement intéresse c'est que l'alcoolique puisse avoir d'autres options pour ne pas mourir.

J'ai consulté plusieurs littératures qui m'ont beaucoup aidé pour écrire le texte de ce livre, on peut voir la liste au chapitre Bibliographie à la fin de ce livre. Les matières contenues dans ce livre sont exclusivement de ma responsabilité et représentent seulement ma pensée qui, même par coïncidence, ne doit pas être considéré des A.A. ou d'autres mouvements.

Tous les faits écrits dans ce livre, sont tout simplement des expériences vécues par moi, furent des moments difficiles et d'autres merveilleux pendant ma récupération comme alcoolique. Il n'existe aucune recette ou potion magique pour se récupérer de l'alcoolisme, chaque être humain est diffèrent d'un autre et ce qui sert pour moi peut ne pas servir pour un autre alcoolique.

Je veux ici remercier et dédier ce livre à mon épouse qui a été une pièce clé pour ma récupération en fonction de sa compréhension et connaissances sur la maladie, qu'avec une cohabitation heureuse et de longue durée on puisse terminer cette seconde phase de nos vies, je veux aussi remercier mes deux fils pour me donner l'opportunité de tenter être un “père”, j'ai beaucoup changé mais je trouve que c'est encore peu, je sais que cela se passera lentement mais je ne désiste pas, je vous aime. Merci du fond du coeur à tous ceux qui aujourd'hui sont mes amis et que j'ai connu pendant ces neuf dernières années, a ceux qui habitent au Brésil, à l'étranger, a vous mes amis reclus, amis internés, à vous épouses et maris, fils et filles d'alcooliques, à vous qui m'aidez à traiter ma panique et mes phobies, à vous tous qui comme moi avez été atteints par “quelque chose” et qui sommes devenus “différents”, et spécialement à toi . . . . . . Henri.



L'enfance

Dans les discussions et disputes de famille les adultes deviennent des enfants et, les enfants soufrent comme si 'étaient des adultes - Un enfant fragile et sensible vit dans une ambiance néfaste qui le marquera pour toute sa vie.



Sitges est le nom du petit village où je suis né, il ressemble une carte postale, situé à environ 35 Km. sur la côte sud de Barcelone, jusqu'à nos jours c'est un village touristique, après la seconde guerre beaucoup d'étrangers ont découvert ce coin merveilleux qui est devenu très connu. Dans la “Costa Dorada” avec sa mer bleue et des petits bateaux de pèche c'était l'endroit idéal pour y passer des vacances et se reposer, on pouvait se rendre compte que c'était un village artistique où beaucoup d'artistes venaient de loin pour y peindre ses tableaux près de la mer. C'était fréquenté par beaucoup de bohémiens, sculpteurs, écrivains, poètes et bien d'autres. Les touristes (espagnols ou étrangers) avaient un haut pouvoir d'acquisition, certains étaient propriétaires de grandes villas construites face à la mer dans un luxueux quartier du village. Tous les ans pendant les vacances d'été le numéro d'habitants doublait, ils profitaient des belles plages et des loisirs, comme le golf, tennis et équitation entre autres. Je me souviens parfaitement de l'ambiance qui régnait pendant l'été, je me considérait un privilégié du fait que je vivais là bas toute l'année.

Mon père lui aussi était né là bas, toute sa famille était catalane, il avait deux soeurs, l'aînée “Josefina” était veuve, son mari avait fait fortune à Cuba, malheureusement ils n'avaient pas pu avoir d'enfants. L'autre soeur “Eulália” était la plus jeune et ma marraine, elle n'était plus toute jeune quand elle s'était marié, dans les quarante cinq ans. Ils essayèrent d'avoir un enfant, mais malheureusement il était mort quand il est né, donc, une famille dont la succession ne pourrait se faire que de la part de mon père. Trois ans plus tard, Eulália et son mari adoptaient une fille et l’ont légitimé. Bien entendu, il y avait une arrière pensée dans leur tête, l’affaire héritage, car les biens de mes grands parents plus ceux de Josefina ça valait le coup sûrement de se bagarrer pour y avoir droit et les obtenir.

Ma mère est française, née à Denain dans le nord de la France, elle a fêté ses quatre-vingt-quinze ans en février de 2001, quand elle était jeune elle a travaillé pendant quelques années comme secrétaire de direction dans une société à Paris, elle avait une soeur, Jane, mais on l’appelait “Nono”, mon grand père avait été muté à Sitges avec la responsabilité de construire une usine de ciment à six kilomètres dans un petit village, Vallcarca. Quand ma grand mère, ma tante Nono et ma maman sont allées pour la première fois en vacances à Sitges, étaient très bien impressionnées. C’est à cette occasion que mes parents se sont connus, ils se fiancèrent et se mariaient plus trad. Ma mère, jolie femme, élégante et avec une forte personnalité s’est très bien adapté dans ce pays, elle aimait beaucoup mon père.

J’étais le cadet d’une famille avec cinq enfants, quatre garçons et une fille (nous étions six, mais Gustave qui est mort à l’âge de deux ans à cause d’une tumeur au cerveau, je ne l’ai jamais connu), et comme c’est l’habitude dans les familles où il y a plusieurs enfants j’étais plus gâté et plus protégé que mes frères aînés du fait que j’étais le dernier.

J’avais cinq ans quand mon père à cause d’une hémiplégie est devenu déficient et presque totalement paralysé, cloué dans une chaise roulante jusqu’à la fin de ses jours, c’est à ce moment là que les choses ont commencé à se compliquer au sein de notre famille. Il était tailleur, très renommé et connu, il avait des très bons clients suite à des longues années d’expérience dans son métier, l’été il avait toujours plus de travail, il avait son magasin au rez-de-chaussée de la maison et parfois toute la nuit pour pouvoir respecter le délais promis à ses clients, on habitait dans une maison avec trois étages au centre du village, il avait trois ou quatre couturières qui aidaient mon père pendant l’été.

Dans les années cinquante les épouses étaient restreintes à élever leurs enfants et faire des travaux ménagers, devant la nouvelle situation, comment mener en avant une famille de cinq enfants âgés entre cinq et dix-sept ans?

Il y avait encore un détail pour compléter cette nouvelle situation, les relations entre ma mère et la famille à mon père n’était pas des meilleures. Peut être à cause de la nationalité de maman ou la sympathie et les bonnes relations qu’elle maintenait avec tout le monde, ou encore de la jalousie en sachant que c’était nous les successeurs pour effet de l’héritage. Dix ans plus tard mes tantes faisaient faire un testament bidon signé par mes grands parents en laissant seulement une part légitime de leurs biens (correspondant à un douzième du total) à mon père, et encore avec des valeurs sous estimées, autrement dit, pratiquement il n’a rien reçu.

Pendant les premiers temps ma mère réussit avec quelques réserves financières mener la famille en avant, mais ensuite tous mes frères et soeur sans option devaient partir chacun de son coté pour tenter de survivre et construire leur propre vie.

Santiago qui avait déjà son diplôme d’ingénieur partait en France pour démarrer sa vie professionnelle, en arrivant là bas et étant en âge d’aller à l’armée il était envoyé à la guerre d’Algérie, revenant à Paris trois ans plus tard. Depuis cette époque là jusqu’aujourd’hui il habite en France à 80 Km. de Paris dans le département de Seine et Marne. Il est retraité depuis peu de temps, il s’est marié trois fois, il a quatre fils et deux filles.

Odette, ma soeur était partie en Angleterre où allait travailler comme baby sitter car elle n’avait aucun métier. Elle est décédé en 1987 de cause inconnue, elle habitait dans la banlieue parisienne, je sais qu’elle était malade, souvent dépressive et prenait des sédatifs, aussi, elle aimait bien boire car elle buvait pas mal d’alcool. Elle eut quatre filles et un garçon sur deux mariages et un amant.

José Maria, avait opté pour la vie religieuse et il partait chez les Padres Escolapios, dix ans plus tard on l’ordonnait prêtre dans cette fraternité, encore dix ans plus tard je l’influençais pour qu’il quitte la soutane. Aujourd’hui, c’est le seul à vivre en Espagne près de Barcelone dans un village qui porte le nom de La Garriga, il a quatre filles, deux sont déjà mariées.

Daniel allait rester encore quelques temps avant de partir en France, à cause de son jeune âge et parce qu’il était amoureux de “Maribel”, une fille de Sitges. Il avait 9 ans quand mon père était tombé malade, il continuait à peu près deux ans à l’école, mais il devait commencer à apprendre un métier manuel pour aider maman, car les réserves financières terminaient. Dans cette situation, Daniel aidait à la maison avec son petit salaire et les pourboires qu’il gagnait au travail, comme portier du grand Hôtel Terramar à Sitges, ouvrant les portes de des voitures pour que les clients puissent descendre de leurs luxueuses automobiles, mais étant donné qu’il ne faisait ce métier que l’été il commençait dans une autre profession, dans un garage comme aide mécano, il fût toujours passionné par les moteurs et la vitesse. Quelques années plus tard il partirait aussi en France et travailler au début avec Santiago qui l’accueillit chez lui. Il a une fille et habite à 130 Km. au Nord de Paris dans le département de l’Oise.

Ma mère avait monté un magasin parfumerie, mais ça n’avait pas marché, les dépenses étaient supérieures aux recettes, puisque le grand nombre de clients venait pendant les trois mois d’été. Je me souviens encore qu’une année à Noël nous n’avions pas les possibilités de manger même pas un poulet rôti, la veille nous étions au fond du rez-de-chaussée derrière le magasin et on entendit la sonnerie (c’était automatique lorsque quelqu’un ouvrait la porte du magasin), ma mère allait voir s’il y avait un client et, surprise, quelqu’un avait laissé des sacoches avec plein de produits typiques pour les fêtes, c’est ainsi qu’on a pu passer de fêtes de fin d’année comme tout le monde avec une bonne table, nous n’avons jamais su qui avait bien pu laisser les sacoches, je pense que quelqu’un qui connaissait notre situation l’aurait fait d’une manière tout à fait anonyme.

Moi, un enfant de cinq ans, j’ai été présent lors de la séparation de tous les membres de la famille, presque plus de frères pour jouer et tout particulièrement sans ma soeur qui était toujours près de moi, le foyer subitement est resté vide et régnait une ambiance néfaste, ma mère et mes tantes entrain de se disputer toujours pour n’importe quoi, même pour des choses sans importance, c’était une situation très triste.

Je continuais à aller à l’école des bonnes soeurs jusqu’à l’âge de sept ans, je sais qu’à cause de notre situation économique elle m’acceptaient gratuitement ou presque. J’ai fais ma première communion, mon éducation et les écoles suivaient toujours la ligne de la religion catholique, à huit ans je changeais d’école, cette fois-ci chez les Padres Escolapios où j’y ai étudié jusqu’à l’âge de douze ans, je réussissait passer d’année de justesse, mes notes n’étaient pas très bonnes, je pense que c’était par manque de concentration de ma part, j était toujours distrait et ma tête était toujours dispersée.

Quand j’avais huit ans nous sommes allés avec maman à Paris, il est fort possible qu’une fois de plus elle se soit disputé avec mes tantes, nous y sommes restés trois mois, d’octobre à décembre et, c’était la première fois que j’allais en France, j’ai connu une amie à Versailles qui s’appelait Dominique et qui était mon premier amour à mes huit ans, pendant notre séjour j’ai appris à faire des patins à roulette, et je me défendais bien, j’ai presque perdu mon année scolaire, mais ma mère s’était expliqué avec le directeur et je n’ai pas eu de problèmes particuliers.

Plus tard à mes dix ans, je continuais à étudier à l’école des “Padres Escolapios”, un jour presque à la fin de la journée la maîtresse était appelée par le directeur et sortit de la classe, à son retour me dit devant tout le monde; Javier, ta maman a appelé au téléphone et demande que tu ailles rapidement chez toi car ta soeur vient d’arriver d’Angleterre, je suis sorti immédiatement et rentré à la maison par le chemin le plus court, ma soeur Odette était là, avec son mari anglais et sa première fille Anne Marie, en anglais on l’appelait “Annette”. C’était ma soeur qui était là, combien de temps !!! celle qui s’occupait toujours de moi quelques années auparavant, j’étais très heureux parce qu’elle était pour moi comme une seconde mère.

Une autre opportunité qui s’était présentée à ma mère pour essayer de s’en sortir c’était d’ouvrir un petit hôtel au bord de la mer dans un quartier résidentiel de Sitges, il s’appelait “Residencia Odette” justement dans le but d’attirer l’attention des touristes de langue française puisqu’en espagnol on n’utilisait pas ce prénom. L’hôtel ouvrait seulement pendant l’été, pour moi c’était formidable de vivre à l’hôtel, avec la plage à quelques mètres c’était facile pour moi de m’amuser et me baigner tout le temps. Il est resté ouvert pendant deux saisons seulement, je crois que le contrat de location n’avait pas été renouvelé parce que les propriétaires de “L’Hôtel Terramar” sont intervenus auprès du propriétaire de notre hôtel, ils se plaignaient que leurs clients quittaient le “Palace” pour venir à la “Residencia Odette”, où ils étaient mieux traités, c’était une ambiance plus tranquille et aussi moins cher.

À ce moment là j’ai eu l’occasion d’avoir mon premier travail pendant les vacances, étant donné que je n’avait pas été reçu sur deux matières à l’école, comme punition je travaillait aux Télégraphes et je distribuais les télégrammes, pour moi c’était une punition très amusante car je gagnais des pourboires et ainsi je pouvait m’acheter des glaces de chocolat, café ou crème. Une fois, lorsque j’étais allé remettre un télégramme dans une villa, j’avais appuyé plusieurs fois sur la sonnerie mais personne venait ouvrir la porte, il y avait un chien de garde qui n’arrêtait pas d’aboyer et moi dehors je le provoquais parce que je savais qu’il ne pouvait rien me faire car la porte était fermée, tout à coup un employé de maison a ouvert la porte et ça ne pouvait être autrement, un méchant berger allemand avait avancé sur moi et mordu ma cuisse gauche, l’employé l’avait aussitôt fait rentrer, je pleurais et je serrais fortement ma cuisse avec mes deux mains en pensant qu’au cas où il aurait la rage (maladie très courante à cette époque là), ainsi je pourrais éviter que la rage monte tout au long de mon corps, une simple pensée d’un enfant âgé de dix ans.

De treize à quatorze ans j’étudiais comme interne dans une école assez loin de Sitges, c’était la première fois que j’étais séparé de mes parents, c’était ma tante Josefina qui payait ce cours que j’ai réussi à passer d’année de justesse. La première fois qu’elle m’emmenait à l’école nous y somme allés par le train, je me souviens que quand elle est repartie et je restais là tout seul j’avais l’impression d’être dans une prison, je m’étais enfermé aux toilettes et je pleurais en sanglots.

Ces années de mon enfance m’ont beaucoup marqué, je me rendais compte que face à la situation je devrais (puisqu’il n’y avait aucune autre option) avoir toujours mes parents à ma charge. Ce qui était entrain de se passer n’était pas juste, je n’admettais pas que me frères se débrouillaient seuls et construisaient leur avenir, et que moi parce que j’étais le cadet je serais obligé de rester avec les mains attachées parce que je serais condamné à avoir tout seul mes parents à ma charge, il me faudrait charger cette responsabilité pour toute ma vie. Je croyais que Dieu m’avait obligé (dans ma conception religieuse Dieu était devenu quelqu’un qui punit, puisqu’en ayant une formation religieuse je prier tout le temps pour qu’Il mette fin à cette situation) a vivre pour toujours cette situation, et n’étant pas d’accord sur cet avenir je me sentais puni.




Liberté – Egalité – Fraternité

Il apparaît une opportunité unique pour y arriver – Il suffit d'avoir du courage et de la volonté pour arriver au sommet.


Devant l’impasse pour résoudre la situation et les difficultés que ma mère avait, elle décidait que la meilleure chose à faire c’était qu’on aille vivre en France, car là vivaient mes deux frères Santiago et Daniel, en plus, il y avait aussi mes oncles (Nono, son mari et ses deux fils). Mon père déficient et malade, était cloué sur une chaise, contrarié, car il adorait son village “Sitges”.

Au deuxième semestre de 1.961 nous sommes partis en France dans la banlieue est de Paris, exactement à Gournay sur Marne, c’était là qu’habitaient ma tante Nono et famille, ma mère se sentirait moins seule près de sa soeur, à cette époque là ma soeur Odette était seule avec ses trois filles et est venue avec nous. Mes oncles avaient déjà vu un pied à terre pour que nous puissions louer, c’était une maisonnette de plein pied au fond d’un grand terrain, il n’y avait que deux chambres e au milieu une cuisine, les toilettes (W-C.) se trouvait dehors, pour se laver ce n’était pas facile, il nous fallait chauffer l’eau et se laver ensuite debout dans un petit bac devant l’évier de la cuisine, autrement dit sans aucun confort, et avec un froid insupportable parce qu’il n’y avait qu’une cuisinière à charbon dans la cuisine pour chauffer le tout, nous laissions les portes des chambres grand ouvertes de façon à minimiser le froid. Nous habitions dans cette petite bicoque, mes parents, mon frère Daniel, ma soeur Odette avec ses trois petites filles et moi. Pour dormir il y avait une chambre pour les hommes et une autre pour les femmes.

J’avais étudié en Espagne jusqu’à l’âge de treize ans, je ne sais pas si mes études étaient reconnues ou pas en France, mais ce que je sais c’est que personne (ni mes oncles ni mes frères) croyais que je pourrait poursuivre mes études en France, et il serait donc arrivé l’heure de “me mettre au boulot”, je veux dire par là, de commencer à gagner un salaire pour aider aux dépenses à la maison.

Après avoir été traumatisé pendant l’enfance vécue à Sitges, où je me sentit “pénalisé” sans avoir le droit d’avoir un père et une vie “normale” comme tous mes amis, je me trouvais soudain dans un autre pays où personne me connaissait ni savait tout ce que j’avais passé et vécu pendant l’enfance, là je serais un citoyen comme les autres et avec les mêmes chances, vive la “Liberté, Egalité, Fraternité”.

Je n’avais pas de problème pour parler le français puisque quand j’étais gosse maman parlait toujours en français avec nous à la maison, parfois en rigolant mais d’autres non, à l’école on avait le français comme matière et j’avais toujours des très bonnes notes sans faire d’effort. Alors, maintenant il faudrait attendre mon anniversaire en décembre pour fêter mes quatorze ans, car par la loi française c’était l’âge minimum pour commencer à travailler. J’avais essayé avant d’avoir un travail mais sans succès à cause de mon âge, c’était chez un concessionnaire Peugeot, pour travailler dans le stock des pièces détachées, j’avais tenté aussi dans une usine de gâteaux et le résultat fut le même, j’avoue que dans les deux tentatives pendant l’entretien j’étais très énervé car j’étais candidat à un poste “d’ouvrier”.

En février 1.962 j’avais coché sur le journal “France soir” quelques petites annonces, une d’entre elles c’était pour un travail comme garçon de courses dans un bureau, c’était la S.E.T.A.P., un renommé cabinet d’architecture et urbanistes dont les patrons étaient à l’époque les trois plus grands architectes parisiens, entre d’autres affaires ils étaient entrain de terminer le projet urbanistique de la ville d’Abidjan dans la Côte d’Ivoire en Afrique. Mon oncle (le mari à Nono) qui avait un poste de direction dans une société il voulut m’accompagner au premier entretien de manière à me donner un coup de pouce pour que puisse décrocher le poste, et ça avait marché, le jour de l’entretien c’était lui qui avait parlé presque tout le temps, il parlât sur la situation chez moi et de l ‘importance que j’obtienne ce travail. Début mars 1962 je commençais dans mon premier boulot, c’était près de l’Arc du Triomphe (Place de L’Etoile), pour aller au travail je prenais l’autobus de chez moi jusqu’à Paris et ensuite le métro qui me laissait à 50 mètres du travail, ma mère préparait tous les jours ma gamelle pour mon déjeuner à midi, je n’avait qu’à acheter une demie baguette à la boulangerie pendant que la gamelle chauffait au bain marie. Mes attributions étaient d’aller là où on me demandait d’aller, j’allais chercher ou emmenais des documents, des billets d’avion pour les architectes qui voyageaient beaucoup, j’allais au bureau de tabac acheter des cigarettes quand on me le demandait ou acheter un gâteau pour une des secrétaires. Je m’adaptais très rapidement au travail, après quelques mois je connaissais Paris et toutes les stations de métro mieux que n’importe qui, les employés m’aimaient bien. C’est à cette époque là que je commençais à fumer, j’attendais l’heure du déjeuner et pendant que tous étaient entrain de manger dehors moi je parcourais tous les bureaux et je piquais de cigarettes de ceux qui les avaient oubliées au bureau. Il y avait beaucoup de dessinateurs qui travaillaient sur leurs planches à dessin et très rapidement je me suis intéressé et j’étais curieux pour savoir comment ils faisaient leurs plans, bien entendu je n’avais aucunement l’intention de passer toute ma vie à aller acheter des cigarettes et des gâteaux pour les autres . . . . j’étais pressé.

J’avais appris qu’à l’école des “Arts et Métiers” il y avait des cours du soir pour apprendre du dessin, je m’étais inscrit et je commençais ce cours, j’y suis allé seulement pendant deux ou trois semaines, c’étaient des cours du soir gratuits mais pour moi c’était impossible de continuer à cause des horaires parce que j’habitais en banlieue et ça me faisait rentrer tard dans la nuit. Malgré tout, au travail pendant l’heure du déjeuner j’en profitais pour m’entraîner sur une planche à dessin qui n’était pas occupée, j’apprenais à calquer, c’est à dire, je fixais l’original sur la planche avec des punaises je mettais un calque vierge dessus et je dessinais par dessus en reproduisant le plan original. En quelques mois je pensais que je savais déjà dessiner, il y avait aussi des collègues de travail plus anciens que moi qui voulaient eux aussi avoir une promotion et être passés au poste de dessinateur, étant donné que je n’avais pas de patience pour faire la queue et attendre mon tour, je croyais que je devrais opter pour chercher un autre travail dans une autre boite où je pourrais me présenter comme dessinateur.

Dans le même quartier, près de mon travail apparût un poste de dessinateur dans une des plus grandes entreprises de plomberie, cette fois-ci j’ai pris rendez vous tout seul comme un grand et nous avons pris rendez-vous pour un samedi matin et pour éventuellement faire un essai, ainsi, si jamais ça ne marchais pas je pourrais continuer à mon travail. Je réussit très bien l’essai, je ne sais pas si c’était par la qualité de mon travail ou si c’était parce que l’employeur c’était aperçu que j’en voulais et que j’étais ambitieux, résultat, j’étais admis immédiatement. Dans ce nouveau travail j’étais le seul dessinateur et étant donné qu’il y avait beaucoup de travail j’apprenais très rapidement à dessiner. Le temps passait et encore une fois j’étais curieux de savoir comment on faisait les calculs des diamètres de tubes et les projets que je dessinais, en fonction de mon expérience antérieure au cabinet d’architectes qui avait bien fonctionné, à l’heure du déjeuner je lisais des livres techniques et il y avait toujours un ingénieur pour me donner des explications détaillées sur mes doutes et le “comment on faisait les calculs”. Je chahutais tous les collègues de travail et on rigolait beaucoup, j’étais le plus jeune employé de la société et tout le monde m’aimait bien, personne bien entendu savait quoi que ce soit sur mes affaires personnelles et mon passé, mais j’étais très dynamique et persistant dans mon travail. Un jour il y avait une grève des transports, le métro ne fonctionnait pas mais les autobus roulaient normalement, je partit de chez mois tôt le matin et j’arrivais à Paris et je constatais que réellement le métro ne marchait pas, je me suis pris par la main et j’ai traversé Paris de l’est à l’ouest où je travaillais à pied, j’ai marché pendant deux heures pour y arriver mais je suis allé au boulot, le directeur n’en croyait pas ses yeux et ma réputation ce jour là était bien commentée au sein de l’entreprise, en fait c’était très bon pour moi. Le repas de fin d’année avait eu lieu dans un des meilleurs restaurants du XVI arrondissement à Paris près du bureau, c’était le renommé “Le Berlioz”, comme j’étais le plus jeune de la boite tout le monde était fixé sur moi et rigolaient en racontant des blagues dans une ambiance décontractée, un garçon passait avec un plateau en argent et offrait des cigarettes et petits cigares qui étaient étalés sur le plateau, influencé par les plus vieux collègues je pris avec mes deux mains plein de cigarettes et les mît dans mes poches, je crois avoir stocké des cigarettes pour plus d’un mois. C’est dans ce déjeuner, si ma mémoire ne me trompe pas, que j’ai pris ma première cuite de ma vie, chaque plat était accompagné d’un vin différent, avec les apéritifs et les pousse café je sais que je suis rentré à la maison mais je marchais de travers, je n’avais que quinze ans, bien sur ma mère s’en est aperçu.

Un jour, quand je sortais du travail en fin de journée et j’allais prendre le métro pour rentrer à la maison, il y avait un camelot qui vendait des tours de magie, il s’appelait “Renelys”, il faisait des tours avec beaucoup d’habilité, ça avait attiré toute mon attention et je m’y suis intéressé, j’avais un collègue de travail qui était prestidigitateur et c’était une raison de plus pour que je soie contaminé, je commençais à rêver qu’un jour je pourrais faire un show où je serais seul à m’exhiber et j’intriguerais le public curieux et voulant connaître mes trucs, et cette fois-ci je dominerais la situation, je ne serais plus “quelqu’un de plus” et je me détacherais des multitudes, je pourrais être une vedette. En dehors de mes emplois je commençais à démarrer dans cette voie de la prestidigitation, j’avais acheté pas mal de matériel, des bouquins, et je m’entraînais beaucoup dans la manipulation de cartes, foulards et bien d’autres choses, je m’étais aussi inscrit dans des associations, je prenais ça au sérieux.

Je suis resté dans cette entreprise un an et demi, mon frère Daniel était retourné à Sitges à cause de Maribel, son ancienne fiancée dont il n’avait jamais réussi oublier, pour cette raison ma mère avait décidé que nous pourrions retourner en Espagne. Et nous y voila encore une fois, nous sommes restés provisoirement chez ma tante Josefina pendant quelques semaines jusqu’à ce qu’il y ait une nouvelle bagarre entre ma mère et Josefina. Pendant cette courte période de temps je continuais à m’entraîner pour la manipulation d’objets de prestidigitation, il y avait à Sitges un théâtre qui n’était plus en fonctionnement, je pris l’initiative d’aller parler avec les dirigeants de l’association et de leur demander l’autorisation pour faire un show un dimanche après midi, la réponse était affirmative, je pris contact avec un ami qui jouait du piano et nous avions fait une liste des mélodies qu’il devrait jouer pendant le spectacle. L’association pour sa part avait mis un grand panneau dans la place principale de Sitges en annonçant le show pour le dimanche après midi, ils affichèrent mon nom artistique que je leur avait donné, le grand “Xavier Magicus” qui avait eu beaucoup de succès à Paris (grand mensonge). Le jour du show le théâtre était pratiquement plein, il devait y avoir environ trois cent personnes, c’était un spectacle gratuit et n’importe qui pouvait rentrer, le spectacle fut un succès et tout le monde avait aimé, les jours qui suivirent le show tout le monde m’arrêtais dans la rue, c’était tout ce que je voulais, autrement dit, inverser la situation de mon enfance quand j’étais totalement impuissant sur le malheur qui nous était arrivé à cause de la maladie de mon père. Mon orgueil parlait plus haut, je voulais montrer que j’étais quelqu’un d’important et que je faisais des voyages internationaux, à cette époque là je n’étais âgé que de dix-sept ans.

Après quelques mois, nous allions habiter dans une grande maison qu’une amie à maman nous avait prêté, c’était du provisoire parce que plus tard nous irions déménager à Barcelone, car Daniel habitait là dans un petit hôtel. Nous habitions encore à Sitges lorsque je décrochais un boulot pour travailler à Barcelone comme technicien projeteur en plomberie et chauffage, c’était à 35 Km de distance, je prenais tous les jours le train pour y aller, environ 45 minutes de voyage chaque trajet. Je réussît à négocier avec le patron de la société pour qu’il me paie mon transport qui pesait assez lourd sur mon salaire, on s’était mis d’accord, et je mentit à ma mère en lui disant que le transport était à ma charge, étant donné que c’était une carte annuelle qui permettait faire ce parcours librement pendant une année, elle m’avançait l’argent pour que je puisse acheter la carte, et plus tard je me faisais rembourser le montant ce qui signifie que j’avais eu un bénéfice net du montant du prix de la carte de train pour me déplacer de Sitges à Barcelone, je me souviens que j’avais gardé cet argent caché dans un de mes accessoires de magie de façon à ce que personne puisse y mettre la main et me voler mes sous, en fonction de mes besoins je prenais de l’argent de ma cachette. Ma soeur et ses filles habitaient toujours chez nous, elle avait trouvé un travail comme standardiste dans un hôtel qui venait d’être construit, c’était l’Hôtel Calípolis, à ce moment là elle était toute seule puisqu’elle s’était divorcée de son mari anglais, le père de ses trois premières filles. Dans ce nouveau travail elle est devenue enceinte encore une fois d’un gars qui était marié (mais qui lui disait être célibataire) et qui travaillait au stock de l’hôtel, la quatrième fille Sylvie est né plus tard à Barcelone, sans ressources, ma soeur s’était posée des questions, à savoir, si elle ne ferait pas mieux de la laisser avec les bonnes soeurs et s’en séparer, mais l’amour d’une mère était plus fort et elle décidât l’emmener à la maison avec le consentement de mes parents.

Quand nous avons déménagé à Barcelone mon frère Daniel n’habitait plus là, il avait tout simplement discuté avec sa fiancée et il était rentré en France, nous sommes allés habiter un quartier au centre de la ville, mes parents, ma soeur et ses filles, à quelques dizaines de mètres de l’Université, étant donné que l’appartement était très grand ma mère louait une chambre en permanence à des étudiants, ainsi elle avait un petit plus pour s’en sortir avec les dépenses de tous les mois. Moi je continuais à travailler dans le même emploi mais je n’avais plus besoin de prendre le train, j’allais au travail à pied et il ne me fallait pas plus de quinze minutes pour y arriver, entre d’autres avantages je n’avais plus besoin de manger des casse-croûte à midi car je pouvais aller déjeuner à la maison. J’ai connu à mon travail celui qui allait être mon grand ami de jeunesse “Fede” diminutif de Federico, c’était un ami qui m’avait beaucoup marqué à cette époque, un vrai ami de jeunesse, et je pense qu’il en soit de même pour n’importe qui à cet âge là, car on a des tas d’expériences inoubliables telles que la première voiture, la première fille, et le désir de montrer constamment aux gens que l’on existe. Avec Fede on allait ensemble en vacances, nous passions de week-end à Sitges où se trouvaient des jolies filles l’été, on avait l’habitude d’y aller chacun avec sa voiture parce qu’on ne savait pas si on allait sortir avec une fille surplace, presque tous les fin de semaine on été là, on buvait beaucoup depuis tôt le matin à la plage, d’une part parce qu’on aimait ça et aussi pour attirer l’attention des gens, nous avions des jolies femmes de toutes les nationalités aussi bien à Sitges qu’à n’importe quel coin d’Espagne, car on avait les deux une bonne apparence. Une fois nous sommes allés à Sevilla au sud du pays, nous avions passé là-bas les fameuses “Férias de Sevilla”, une vraie foire où l’on boit et danse du “flamenco” toutes les nuits jusqu’au petit matin, on avait connu deux filles et c’était la grande passion, nous nous étions pas mal amusé pendant notre séjour, mais tout été finit lorsque nous sommes partis. L’année suivante nous sommes partis en vacances à la “Costa del Sol” exactement à Torremolinos, une plage qui était à la mode, on avait connu deux filles françaises avec lesquelles nous sommes sortis pendant leur séjour jusqu’à ce qu’elles rentrent à Paris. Un soir, on avait pas mal bu et tout à coup on avait eu envie de revoir les “sevillanas”, nous prenions la route même en étant ivres et nous sommes allés jusqu’à Sevilla, le lendemain avec notre gueule de bois nous nous sommes promenés avec elles et puis nous sommes rentrés plus tranquilles à Torremolinos. Avec les deux françaises c’était aussi la grande passion, celle qui sortait avec moi s’appelait Annie, j’avais pris ça au sérieux, à tel point que dès notre retour à Barcelone je commençais à avoir un projet d’aller en France passer quelques temps, j’avais réussi à convaincre Fede et lui aussi était rentré dans mon projet complètement fou, ses parents ne voulaient plus me voir, ni de loin car ils pensaient que, ou j’étais pédéraste ou alors complètement fou et que je voulais mettre leur fils sur la mauvaise route.

À Barcelone, on sortait tous les jours après le travail, on allait soit dans des discothèques ou dans des petits bistrots pour boire du vin et manger quelques “tapas” (amuse-gueule), on sortait toujours avec des filles que nous connaissions les dimanches dans une boite et que nous nous donnions rendez-vous pendant la semaine pour donner suite aux flirts. Les dimanches on allait toujours dans des boites, très bien habillés avec des costumes à la mode, nous payons l’entrée avec droit à une consommation, pour nous ce n’était pas suffisant pour passer quatre heures entrain de philosopher avec des belles filles, ce pourquoi nous emmenions une petite gourde bien remplie de cognac que nous gardions dans la poche de notre veste, ainsi ça revenait bien moins cher que de demander d’autres consommations au garçon, tous les dimanches c’était la même chose, c’est à dire, on prenait une cuite pour s’amuser “pleinement” avec les filles, une d’entre elles s’appelait Fuensanta, une fille sympathique et qui avait un beau visage mais qui était petite, rien que pour ça je pensais que je lui rendait service de flirter avec elle, aujourd’hui je comprends que j’étais un salop, car elle était folle de moi et ne méritait pas que je la traite de cette façon.

Depuis la fenêtre de mon bureau qui se trouvait au treizième étage je voyais la cour interne de l’immeuble, celui-ci était triangulaire, deux bâtiments étaient destinés à des logements et le troisième à des bureaux. Je pouvais voir depuis ma fenêtre les appartements en face, je draguais les employées de maison aussi bien que les filles de leurs patrons dont leur chambres à coucher donnaient vers la cour interne, un jour je commençais à faire des gestes pour saluer une belle blonde, elle à son tour, avec ses mains me donnait son numéro de téléphone, il s’agissait d’une fille hollandaise qui passait quelques semaines de vacances chez des amies, elle s’appelait Ans, je l’avais appelé au téléphone et on était sortis faire quelques promenades dans Barcelone, elle avait eu le coup de foudre pour moi plus que moi pour elle, elle appartenait à une famille hollandaise très riche, après son départ nous nous écrivions régulièrement.

Tout à fait décidé de rentrer en France je communiquais la nouvelle à mes parents qui restaient en panique, puisque mon aide financière à la maison était indispensable pour survivre, j’argumentais que j’avais besoin de construire ma propre vie et que je leur enverrais de l’argent tous les mois aussitôt que je toucherais mon salaire. Ma soeur elle gagnait juste à peine pour elle et ses quatre filles. Je commençais à faire mes valises comme si c’était pour un voyage définitif, je ne laissais plus aucune affaire à Barcelone, Fede en faisait autant mais on s’était mis d’accord que moi je partirais avant lui de façon à louer quelque chose pour que nous ayons où habiter, le patron de la société où on travaillait était très furieux après moi, et moi je m’en foutais complètement.

Je suis arrivé par le train à la Gare d’Austerlitz à Paris sans avoir où me loger, avec beaucoup de bagages, quelques économies, suffisamment pour survivre jusqu’à ce que je trouve un emploi, mes frères habitaient là mais je n’avais prévenu personne sur mon voyage en France (une question d’orgueil et d’autonomie), les voyages par le train étaient toujours pendant la nuit, le départ était à 16 heures de Barcelone et l’arrivée à Paris à 8 heures du matin. La première chose que je faisais en descendant du train c’était d’aller jusqu’au café de la Gare pour prendre mon petit déjeuner, des tartines beurrées avec un café crème, ça avait un autre goût, c’était délicieux, j’ai appelé ensuite depuis une cabine téléphonique à Annie en lui expliquant que je venais d’arriver à Paris. Très encombré par mes bagages je m’étais rendu chez un oncle à Enghien pour lui demander s’il pouvait me dépanner les premiers jours en me laissant coucher chez lui, j’avais déjeuné avec lui et sa femme mais ils avaient inventé qu’ils n’avaient pas de place chez eux pour dormir, j’avais très vite compris et je repartais aussitôt, j’avais eu une grande déception. Je prenais à nouveau le train de banlieue et le métro et je me rendais à l’adresse où travaillait Annie, je l’attendais à la porte jusqu’à sa sortie, ce fût une agréable rencontre tête à tête car on ne s’était pas vus depuis Torremolinos, nous étions allés jusqu’à un hôtel dans le quartier pour réserver une chambre où j’allais coucher la première nuit.

En moins d’une semaine j’avais trouvé une chambre d’hôtel que je louais au mois, ainsi c’était bien moins cher que payer au jour le jour, là on pouvait dormir moi et Fede. Pendant les premiers jours je lisais les journaux pour chercher un travail, d’habitude je déjeunais avec Annie et j’allais la chercher le soir à la sortie de son travail pour passer quelques moments ensemble avant qu’elle rentre chez elle en banlieue sud de Paris.

J’appelais à Fede et je lui disais que nous avions où nous loger, je lui donnais l’adresse de l’hôtel et le feu vert pour venir me rejoindre à Paris. Quelques jours plus tard j’étais couché à l’hôtel avec Annie et très tôt le matin on frappait à la porte, surprise c’était Fede qui venait d’arriver, sans parler un mot de français il s’était débrouillé tout seul pour arriver à l’hôtel. Ces premiers jours étaient très amusants, deux jeunes hommes qui vivaient des aventures et rêvaient de vivre des nouvelles émotions, il était très dépendant de moi, j’insistais pour qu’il apprenne vite le français autrement dit il allait avoir des problèmes, un jour j’en avais ras-le-bol, nous allions prendre le métro et on devait acheter une carte hebdomadaire, je l’avais obligé à ce qu’il se débrouille tout seul et il demandait au guichet “une lettre” (puisque en espagnol le mot carte veut dire lettre) l’employée qui était au guichet ne comprenait rien puisque elle travaillait au métro et non pas aux Postes et Télécommunications, j’avais du intervenir et l’aider à acheter la carte. Fede sortait avec une amie d’Annie, on sortait les quatre ensemble, il essayait plusieurs fois de trouver un emploi mais sans succès, de plus, sa famille lui manquait beaucoup car c’était la première fois qu’il quittait la maison, il ne demeurait pas bien longtemps à vouloir rentrer chez lui à Barcelona, et aussi l’argent se terminait et il ne gagnait rien, je crois qu’il était resté un mois au maximum à Paris et ensuite il rentrait à Barcelona.

J’avais réussi à avoir un travail et je commençais à travailler, je dormais toujours dans ma chambre d’hôtel, parfois je déjeunais avec Annie car son travail n’était pas trop loin du mien, à chaque fin de mois lorsque je recevais ma paye j’allais à la Poste et j’envoyais de l’argent à mes parents qui étaient à Barcelona.

J’étais un jour au boulot et le facteur emmenait une lettre recommandée pour moi, je ne me doutais pas qui pouvait bien m’envoyer ce courrier, je signais pour confirmer bonne réception du document et je l’ouvrais, c’était une lettre et un billet de train aller et retour que Ans (la fille hollandaise que j’avais connu à Barcelona) m’envoyait pour que je lui rende visite en Hollande, je ne sais pas comment elle avait eu mes coordonnées mais je me doute qu’elle devait avoir envoyé la lettre à Barcelona et de là elle devait avoir suivi jusqu’à mon travail à Paris. Je demandais quelques jours de congés à mon travail et me voila parti vers la Hollande de train, une nouvelle aventure commençait. Ans, d’une famille très riche me présentait à sa famille et ses amis comme le fils d’un Compte de Barcelona, je ne sais pas pourquoi elle avait inventé cette histoire, peut-être que cela faisait partie d’un rêve romantique qu’elle était entrain de vivre. Sa famille m’aimait bien, le temps passait très rapidement en Hollande, tous les jours il y avait des fêtes et je ne faisais rien à part m’amuser, je passais quelques semaines là-bas et je rentrais à Paris, les parents d’Ans m’avaient invité pour que je retourne les voir quand je voulais. Quand je reprenais mon travail naturellement on me communiquait ma démission, ils réglaient mes comptes et je partais, où?, je prenais le train le même jour au soir et je rentrais à Barcelona.

Mes parents étaient très heureux à cause de mon retour à la maison, Fede travaillait à nouveau et cette fois-ci était plus calme. J’ai ensuite travaillé dans plusieurs endroits et professions pendant une courte durée de temps, comme livreur de produits de beauté pour les salons de coiffure, dans une usine de ciment comme dessinateur, etc. un étudiant argentin qui louait une chambre chez moi me proposait de monter une affaire ensemble, je me souviens que nous sommes allés travailler chez un promoteur immobilier qui vendait des terrains au bord de la mer sur la côte sud de Barcelona, nous deux on était responsables du département commercial e des vendeurs, on avait travaillé pendant quelques mois jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que le patron n’était pas le propriétaire des terrains, tout simplement il les achetait quand il y avait un acheteur, peu de temps après on quittait ce travail.

Du fait que j’étais fils de père espagnol et mère française j’avais double nationalité jusqu’à l’âge de 21 ans, et je devais ensuite opter pour une des deux nationalités, étant donné que je sentais quelqu’un d’important à cette époque là, je décidais rester espagnol et répudier la nationalité française, c’est ce que j’avais fait en allant au consulat de France, mais il y avait un détail, je n’avais pas remis mes papiers français et je promettais le faire plus tard, d’ailleurs, je ne l’avais pas fait. Peu de temps après je regrettais d’avoir répudié la nationalité française, car dès que l’euphorie de la vente de terrains été terminée je restais sans emploi, j’avais le mal du pays mais je ne pouvais plus rentrer en France parce que j’étais appelé sous les drapeaux en Espagne. Je n’avais plus aucune chance de retourner en France légalement à moins que j’essaye de passer à la frontière avec mes papiers français que je n’avais pas remis au consulat, en fait je n’avais plus le droit de m’en servir puisque j’avais répudié et même signé un document, je ne le pensais pas deux fois et j’étais décidé à prendre des risques, après tout à la frontière les “gendarmes” ne seraient pas au courant de ma situation et ils ne soupçonneraient pas que je n’avais plus le droit d’utiliser mon passeport puisque la date était valide et c’était un original. Le train qui m’emmenait à Paris devait s’arrêter à Cerbère, première gare sur le territoire français, je devais passer avant par la police espagnole qui filait un coup de tampon sur le passeport et de suite les gendarmes devaient à leur tour tamponner pour autoriser ma rentrée en France, il m’avait fallu interpréter le rôle d’un légitime français vis-à-vis la police espagnole, quand ils me demandèrent mon passeport je faisais question de leur parler en français de manière à ce qu’ils ne soupçonnent rien à mon sujet et face aux gendarmes tout simplement je leur répondais en français ce qui en résultait une rentrée clandestine en France avec du succès, une fois j’étais à nouveau dans le train français et partit de Cerbère je respirais à fond et soulagé, puis, il ne me restait qu’à régulariser ma situation une fois je serais à Paris.

J’avais déjà parlé à Santiago sur mon voyage en France et il m’avait proposé que j’aille vivre chez lui, à cause de mon orgueil je lui avait dit que j’étais d’accord provisoirement jusqu’à ce que je régularise ma situation, aussi bien au sujet de mes papiers comme pour me trouver un travail. Je savais que je me trouvais en situation illégale, je me faisais du souci parce que je savais qu'en France on ne rigolait pas avec les lois et que peut-être ils pourraient m’emmener à la frontière espagnole et me remettre aux autorités. Quelques jours après mon arrivée je suis allé me présenter à la police à Paris et je leur expliquais ma situation, on me demandait de bien vouloir attendre, un agent prenait toutes mes coordonnées de façon à ce que je puisse être contacté à n’importe quel moment, il tapait à la machine un document provisoire qui expliquait que je m’était déjà présenté aux autorités Françaises et me demandait de retourner la semaine suivante pour qu’ils me communiquent leur décision, a savoir, si je pourrais ou pas rester en France. La semaine suivante je m’étais présenté à nouveau au bureau de police, j’étais énervé et me faisais du souci, j’avais déjà fait mes adieux à Santiago et sa famille, j’étais convaincu que je ne rentrerais pas chez lui et que je serais ramené à la frontière, l’agent de police me faisait asseoir et me demandait quelques instants pour que son chef puisse me recevoir, j’étais loin de m’imaginer ce qui allait se passer.


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